Solution du problème social/112

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Solution du problème social/112/111 Solution du problème social/112/113

[original French]

Ce point est le sommet de la révolution.

Nous avons chassé le dernier de nos rois; nous avons crié : A bas la monarchie! Vive la République! Mais, vous pouvez m'en croire, si déjà ce doute ne vous est venu, il n'y a en France, il n'y a dans toute l'Europe que quelque princes de moins : la royauté est toujours debout. La royauté subsistera tant que nous l'aurons pas abolie dans son expression à la fois la plus matérielle et la plus abstraite, la royauté de l'or.

L'or est le talisman qui glace la vie dans la société, qui 1 enchaîne la circulation, qui tue le travail et le crédit; qui constitue tous les hommes dans un esclavage mutuel.

Il faut donc détruire encore cette royauté de l'or ; il faut républicaniser le numéraire, en faisant de chaque produit du travail une monnaie courante.

Qu'on ne s'effraie point par avance. Je ne viens pas reproduire sous une forme rajeunie les vieilles idées de papiermonnaie, monnaie de papier, assignats, billets de banque, etc., etc., tous ces palliatifs connus, éprouvés, décriés depuis longtemps. Ces représentations sur papier, par lesquelles on croit suppléer à l'absence du dieu, ne sont toutes qu'un hommage rendu au métal, une adoration du métal, toujours présent à la pensée, toujours pris pour évaluateur commun des produits. Entre le papier de crédit que je propose, et le papier de banque ou tout autre analogue, il y a aussi loin qu'entre l'idée de crédit, d'après la théorie de la réduction générale des revenus et salaires, et l'idée de crédit d'après la routine des usuriers.

Remontons au principe.

Sous la tyrannie de l'or, le crédit est, pour me servir d'une expression de code, unilatéral : c'est-à-dire que le détenteur de l'or peut seul donner crédit; lui-même ne le reçoit pas.

D'après la loi de réciprocité, au contraire le crédit est bilatéral, tout le monde se faisant réciproquement crédit d'une partie de son travail : de là la double réduction que nous avons faite des prix et des salaires.

[English translation]

This point is the summit of the revolution.

We have driven out the last of our kings, we have cried: Down with monarchy! Long live the Republic! But you can believe me, if the doubt has come to you, there are in France, there are in all Europe only a few lesser princes. Royalty is always in existence. Royalty will subsist as long as we will not have abolished it in its most material and most abstract form—the royalty of gold.

Gold is the talisman which congeals life in society, which binds circulation, kills labor and credit, and makes slavery mutual.

We must destroy the royalty of gold; we must republicanize specie, by making every product of labor ready money.

Let no one be frightened beforehand. I by no means propose to reproduce, under a rejuvenated form, the old ideas of paper money, money of paper, assignats, bank-bills, etc., etc.; for all these palliatives have been known, tried and rejected long ago. These representatives on paper, by which men have believed themselves able to replace the absent god, are, all of them, nothing but a homage paid to metal—an adoration of metal, which has been always present to men's minds, and which has always been taken by them as the measure or evaluator of products. Entre le papier de crédit que je propose, et le papier de banque ou tout autre analogue, il y a aussi loin qu'entre l'idée de crédit, d'après la théorie de la réduction générale des revenus et salaires, et l'idée de crédit d'après la routine des usuriers.

Let us return to our principle.

Sous la tyrannie de l'or, le crédit est, pour me servir d'une expression de code, unilatéral: c'est-à-dire que le détenteur de l'or peut seul donner crédit; lui-même ne le reçoit pas.

D'après la loi de réciprocité, au contraire le crédit est bilatéral, tout le monde se faisant réciproquement crédit d'une partie de son travail : de là la double réduction que nous avons faite des prix et des salaires.