Solution du problème social/114

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[original French]

change n'est qu'un morceau de papier. Seulement, comme en fin de compte la lettre de change doit, au terme de sa circulation , s'échanger contre du numéraire, avant d'être détruite, elle paie au numéraire une sorte de droit seigneurial, qu'on appelle escompte.

Ce qui rend chanceuse en général la lettre de change, c'est précisément cette promesse de conversion finale en numéraire : en sorte que l'idée de monnaie, comme une royauté corruptrice, vient encore infecter la lettre de change, et lui ôter de sa certitude.

Or, tout le problème de la circulation consiste à généraliser la lettre de change, c'est-à-dire à en faire un titre anonyme, échangeable à perpétuité, et remboursable à vue, mais seulement contre des marchandises et des services.

Ou, pour parler un langage peut-être mieux compris de la finance, le problème de la circulation consiste à gager le papier de banque, non plus par des écus, ni par des lingots, ni par des immeubles, ce qui ne peut toujours produire qu'une oscillation malheureuse entre l'usure et la banqueroute, entre la pièce de cinq francs et l'assignat : mais à le gager par des produits.

La est l'avenir de la Révolution, la consommation de la République.

Voici comment je conçois cette généralisation de la lettre de change.

100,000 fabricants, manufacturiers, extracteurs, négociants, commissionnaires, entrepreneurs de transports, agriculteurs, etc., dans toute la France, se réunissent à l'appel du Gouvernement, et par simple déclaration authentique, insérée au Moniteur.

Ils s'engagent respectivement et réciproquement à adhérer aux statuts de la Banque d'échange, qui ne sera autre que la Banque de France elle-même, dont la constitution et les attributions devront être modifiées sur les bases ci-après:

1. La Banque de France, devenue Banque d'échange,

[English translation]

of exchange is nothing but a piece of paper. Only—since at the end of its circulation, the bill of exchange, before being destroyed, must be changed for specie—it pays to specie a sort of seigniorial duty, called discount.

That which, in general, renders the bill of exchange insecure is precisely this promise of final conversion into specie; and thus the idea of metal, like a corrupting royalty, infects even the bill of exchange and takes from it its certainty.

Now, the whole problem of the circulation consists in generalizing the bill of exchange; that is to say, in making of it an anonymous title, exchangeable forever, and redeemable at sight, but only in merchandise and services.

Or, to speak a language more comprehensible to financial adepts, the problem of the circulation consists in basing bank paper, not upon specie, nor bullion, nor immovable property, which can never produce anything but a miserable oscillation between usury and bankruptcy, between the five-franc piece and the assignat; but by basing it upon products.

There is the future of the Revolution, the consummation of the Republic.

I conceive this generalization of the bill of exchange as follows:

A hundred thousand manufacturers, miners, merchants, commissioners, public carriers, agriculturists, etc., throughout France, unite with each other in obedience to the summons of the government and by simple authentic declaration, inserted in the Moniteur newspaper.

bind themselves respectively and reciprocally to adhere to the statutes of the Bank of Exchange; which shall be no other than the Bank of France itself, with its constitution and attributes modified on the following basis:

1st. The Bank of France, become the Bank of Exchange,