Solution du problème social/91

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[original French]

même, et qui ne coûtera au Gouvernement provisoire que les frais de quelques décrets.

Mais je dois signaler auparavant quelques-uns des préjugés qui, par l'effet d'une longue habitude, nous empêchent, en ce moment, d'apercevoir la véritable cause du mal, et de discerner le remède. Se mettre en garde contre l'erreur, c'est faire la moitié du chemin qui mène à la vérité.

Le premier de ces préjugés consiste à vouloir tout réformer par détail, au lieu d'attaquer la masse; à prendre les difficultés les unes après les autres, et à les résoudre successivement par des moyens que le sens commun semble indiquer : tandis que les questions économiques, essentiellement contradictoires en elles-mêmes et entre elles, demandent à être résolues toutes à la fois, au moyen d'un principe supérieur, qui respecte tous les droits, ménage, améliore toutes les conditions, concilie tous les intérêts. Le Gouvernement provisoire l'a implicitement reconnu quand il a dit que le problème de l'organisation était Complexe: mais il paraît que l'expérience ne lui profite guère, puisqu'il persiste dans sa détestable route.

Un autre préjugé est celui qui, attribuant la cause du paupérisme à la mauvaise organisation du travail, conclut que le travail doit être organisé; que c'est là, sur cette partie de l'organisme social, le Travail, qu'il faut appliquer le remède. Le Gouvernement provisoire s'est fait le propagateur et le patron de cette idée.

On ne veut pas comprendre que travail est synonyme de liberté individuelle; que, sauf la justice de l'échange, la liberté du travail doit être absolue; que les gouvernements n'existent que pour protéger le travail libre, non pour le réglementer et le restreindre. Quand vous parlez d'organiser le travail, c'est comme si vous proposiez de crever les yeux à la liberté.

Un troisième préjugé, conséquence du précédent, est celui qui, supprimant l'initiative individuelle, prétend tout obtenir par voie d'autorité. On peut dire que ce préjugé

[English translation]

même, and which will cost the provisional government only the expenses of some decrees.

But I must point out in advance some of the prejudices which, as the result of long habit, prevent us, at this time from seeing the true cause of the evil, and from discerning the remedy. To be on the look-out for error is to be half the way along the road which leads to truth.

The first of these prejudices consists in the desire to reform everything in detail, instead of attacking the whole; in taking up difficulties one after another, and resolving them in turn in the way common sense seems to indicate: whereas economic questions, essentially contradictory in themselves and among themselves, must be solved all at once, through some dominant principle which respects all rights, ameliorates all conditions, and conciliates all interests. Le Gouvernement provisoire l'a implicitement reconnu quand il a dit que le problème de l'organisation était Complexe: mais il paraît que l'expérience ne lui profite guère, puisqu'il persiste dans sa détestable route.

Another prejudice is the one which, attributing the cause of poverty to the imperfect organization of labor, concludes that labor should be regimented; that it is in that part of the social organism—labor—that the remedy should be applied.

People will not understand that human labor and individual liberty are synonymous; that, except for fairness in exchange, the liberty of labor must be absolute; that governments exist only to protect free labor, not to regulate and to restrain it. When you speak in this way of organizing labor, it is as if you propose to blind the eyes to liberty.

A third prejudice, resulting from the preceding one, is that which, suppressing individual initiative, would seek to obtain everything through authority. One can say that this prejudice

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