Système des contradictions économiques/Tome II/89

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[original French]

s'est produite sous un jour nouveau, et l'antinomie, aujourd'hui mieux connue, laisse l'espoir d'une entière et prochaine solution.

Ainsi, l'objet ultérieur, mais jusqu'à présent inaperçu, du crédit, est de constituer, à l'aide et sur le prototype de l'argent, toutes les valeurs encore oscillantes; sont but immédiat et avoué est de suppléer à cette constitution, condition suprême de l'ordre dans la société et du bien-être parmi les travailleurs, parune diffusion plus large de la valeur métallique. L'argent, se sont dit les promoteurs de cette nouvelle idée, l'argent est la richesse : si donc nous pouvions procurer à tout le monde de l'argent, beaucoup d'argent, tout le monde serait riche. Et c'est en vertu de ce syllogisme que se sont développées, sur toute la face de la terre, les institutions de crédit.

Or, il est clair qu'autant l'objet ultérieur du crédit présente une idée logique, lumineuse et féconde, conforme, en un mot,' à la loi d'organisation progressive; autant son but immédiat, seul cherché, seul voulu, est plein d'illusions, et, par sa tendance au staluqvo, de périls. Car l'argent, aussi bien que les autres marchandises, étant soumis à la loi de proportionnalité, si sa masse *augmente et qu'en même temps les autres produits ne s'accroissent pas en proportion, l'argent perdra de sa valeur, et rien, en dernière analyse, n'aura été ajouté à la richesse sociale; — si, au contraire, avec le numéraire la production s'accroît partout, la population suivantdu même pas, rien n'est encore changé à la situation respective des producteurs ; et, dans les deux cas, la solution demandée n'avance pas d'une syllabe. .4 priori donc, il n'est pas vrai que l'organisation du crédit, dans les termes sous lesquels on la propose, contienne la solution du problème social.

Après avoir raconté la filiation et la raison d'existence du crédit, nous avons à rendre compte de son apparition, c'est-à-dire du rang qui doit lui être assigné dans les catégories ;de la science. C'est ici surtout que nous aurons à signaler le peu de profondeur et l'incohérence de l'économie politique.

Le crédit est tout à la fois la conséquence et la contradiction de la théorie des-débouchés, dont le dernier mot, comme on a vu, est la lilierlé absolue du commerce.

Je dis d'abord que le crédit est la conséquence de la théorie des débouchés, et, comme tel, déjà contradictoire.

[English translation]

appeared in a new light and the contradictions, better known today, give the hope of an immediate and complete solution.

Thus the ulterior object, hitherto unperceived, of credit is to constitute, with the aid and on the prototype of money, all the values still fluctuating whose immediate and avowed end is to furnish to that combination the supreme condition of order in society and of well being among the workers, by a still greater diffusion of metallic value. Money, the promoters of this new idea tell us, money is wealth; if then we can provide every body with money, plenty of money, all will be rich: and it is by virtue of this syllogism that institutions of credit have developed everywhere.

But it is clear that, to the extent that the ulterior object of credit presents a logical, luminous and fruitful idea, conforms, in a word, to the law of progressive organization, its immediate end, alone sought, alone desired, is full of illusion and, by its tendency toward the status quo, of perils. Since money as well as other merchandise is subject to the law of proportionality, if its quantity increases and if at the same time other products do not increase in proportion, money loses it value, and nothing, in the last analysis, is added to the social wealth; if, on the contrary, with specie production increasing everywhere, population following at the same rate, there is still no change in the respective position of the producers, in both cases, the solution required does not advance a single step. A priori, then, it is not true that the organization of credit, in the terms in which it is proposed, contains the solution of the social problem.

After having related the development of and the reason for the existence of credit, we have to justify its appearance, that is to say, the rank to which it should be assigned in the category of science. It is here above all that we have to point out the lack of profundity and the incoherence of political economy.

Credit is at once the result and the contradiction of the theory of markets, since the last word, as we have seen, is the absolute freedom of trade.

I have said from the first that credit is the consequence of the theory of markets, and as such already contradictory.