Système des contradictions économiques/Tome II/92

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[original French]

Et si, pour défendre ou pallier une contradiction, vous prétendez que toutes ces questions sont résolues; si, dis-je, le débouché ost partout largement ouvert au producteur; si le placement de la marchandise est assuré ; si le bénéfice est certain ; si le salaire et la valeur, ces choses si mobiles, sont disciplinées, il s'ensuit que la réciprocité, la solidarité, l'association enfin existent entre les producteurs; dans ce cas, le crédit n'est plus qu'une formule inutile, un mot vide de sens. Si le travail est organisé, car tout ce que je viens de dire constitue l'organisation du iravail, le crédit n'est plus autre chose que la circulation elle-même, embrassant depuis la première ébauche donnée à la matière, jusqu'à la destruction du produit par le consommateur; la circulation, dis-je, marchait, sous l'inspiration d'une pensée commune, à la mesure normale de la valeur, et dégagée de toutes ses entraves.

La théorie du crédit, comme supplément ou anticipation du débouché, est donc contradictoire. A présent, considérons-la sous un autre point de vue.

Le crédit est la canonisation de l'argent, la déclaration de sa royauté sur tous les produits quelconques. Par conséquent, le crédit est le démenti le plus formel du système anti-prohibilioniste, la justification flagrante, de la part des économistes, de la balance du commerce. Que les économistes apprennent donc une fois à généraliser leurs idées, et qu'ils nous disent comment, s'il est indifférent pour une nation de payer les marchandises qu'elle achète avec de l'argent ou avec ses propres produits, elle ait jamais besoin d'argent? comment il se peut qu'une nation qui travaille s'épuise? comment il y a toujours demande de sa part du seul produit qu'elle ne consomme pas, c'est-à-dire d'argent? comment toutes les subtilités imaginées jusqu'à ce jour pour suppléer au défaut d'argent, telles que papier de commerce, papier de banque, papier-monnaie, ne font que traduire et rendre plus sensible ce besoin? En vérité, le fanatisme antiprohibitif par lequel se signale aujourd'hui la secte économiste ne se comprend plus, à cô:é des efforts extraordinaires auxquels elle se livre pour propager le commerce de l'argent et multiplier les institutions de crédit.

Qu'est-ce, encore une fois, que le crédit? — C'est, répond la théorie, un dégagement de valeur engagée, qui permet de rendre cette même valeur circulable, d'inerte qu'elle était auparavant.

[English translation]

Et si, pour défendre ou pallier une contradiction, vous prétendez que toutes ces questions sont résolues; si, dis-je, le débouché ost partout largement ouvert au producteur; si le placement de la marchandise est assuré ; si le bénéfice est certain ; si le salaire et la valeur, ces choses si mobiles, sont disciplinées, il s'ensuit que la réciprocité, la solidarité, l'association enfin existent entre les producteurs; dans ce cas, le crédit n'est plus qu'une formule inutile, un mot vide de sens. Si le travail est organisé, car tout ce que je viens de dire constitue l'organisation du iravail, le crédit n'est plus autre chose que la circulation elle-même, embrassant depuis la première ébauche donnée à la matière, jusqu'à la destruction du produit par le consommateur; la circulation, dis-je, marchait, sous l'inspiration d'une pensée commune, à la mesure normale de la valeur, et dégagée de toutes ses entraves.

La théorie du crédit, comme supplément ou anticipation du débouché, est donc contradictoire. A présent, considérons-la sous un autre point de vue.

Credit is the canonization of money, the declaration of its royalty over all products whatsoever. In consequence, credit is the most formal denial of free trade, a flagrant justification on the part of the economists, of the balance of trade. Let the economists learn, then, to generalize their ideas, and let them tell us why, if it is immaterial for one nation to pay for the goods which it buys with money or with its own products, it always has need of money? How can it be that a nation which works, exhausts itself? Why is there always a demand from it for the only product that it does not consume, that is to say, money? How all the subtleties conceived up to this day for supplying the lack of money, such as bills of exchange, bank paper, paper money, do nothing but interpret and make this need more evident? In truth, the free trade fanaticism, which today distinguishes the sect of economists, is not understandable, aside from the extraordinary efforts by which it tries to propagate the commerce of money and to multiply credit institutions.

What then, once more, is credit? It is, answers the theory, a release of engaged value, which permits the making of this same value, which before was sluggish, circulable;