Système des contradictions économiques/Tome II/93

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Système des contradictions économiques/Tome II/93/92 Système des contradictions économiques/Tome II/93/94

[original French]

Parlons un langage plus simple : le crédit est l'avance que fait un capitaliste, contre un dépôt de valeurs de difficile échange, de la marchandise la plus susceptihle de s'échanger, par conséquent la plus précieuse de toutes, l'argent, de l'argent qui, selon M. Cieszkowski, tient en suspens tou'es les valeurs échangeahles, et sans lequel elles seraient elles-mêmes -frappées de l'interdiction; de l'argent qui mesure, domine et subalternise tous les autres produits; de l'argent avec lequel seul on éteint ses dettes et l'on se libère de ses obligations; de l'argent, qui assure aux nations comme aux particuliers le bien-être et l'indépendance; de l'argent, enfin, qui non-seulement est le pouvoir, mais la liberté, l'égalité, la propriété, tout.

Voilà ce que le genre humain, d'un consentement unanime, a compris; ce que les economistes savent mieux que personne, mais qu'ils ne cessent de combattre avec un acharnement risible, pour soutenir je ne sais quelle fantaisie de libéralisme en contradiction avec leurs principes les plus énergiquement avoués. Le crédit a été inventé pour secourir le travail, en faisant passer dans les mains du travailleur l'instrument qui le tue, l'argent : et l'on part de là pour soutenir qu'entre les nations industrielles, l'avantage de l'argent dans les échanges n'est rien; qu'il est insignifiant pour elles de solder leurs comptes en marchandises ou en espèces; que c'est le bon marché seul qu'elles ont à considererl

Mais s'il est vrai que dans le commerce international lesmétaux précieux aient perdu leur prépondérance, cela veut dire que dans le commerce international toutes les valeurs sont arrivées au même degré de détermination, et, comme l'argent, également acceptables; en d'autres termes, que la loi d'échange est trouvée, et le travail organisé entre les peuples. Alors qu'on la formule, cette loi; qu'on explique cette organisation, et qu'au lieu de parler crédit et de forger de nouvelles chaînes pour la classe travailleuse, on apprenne, par une application du principe d'équilibre international, à tous ces industriels qui se ruinent parce qu'ils n'échangent pas, à ces ouvriers qui meurent de faim parce que le travail leur manque, comment leurs produits, comment leur main-d'œuvre sont des valeurs dont ils peuvent disposer pour leur consommation, aussi bien que si c'étaient des billets de banque ou de l'argent. Quoi ! le principe qui, suivant les économistes, régit le

[English translation]

Let us speak a language more simple: credit is the advance made by a capitalist, against a deposit of values of difficult exchange, of the merchandise the most susceptible of being exchanged, in consequence the most precious of all money, money which holds in suspense all exchangeable values, and without which they would themselves be struck down by the interdiction; money which measures, dominates and subordinates all other products; money with which alone one discharges one's debts and frees oneself from one's obligations; money which assures nations, as well as individuals, well being and independence; money, finally, that not only is power, but liberty, equality, property, everything.

This is what the human species, by an unanimous consent, has understood; that which the economists know better than any one, but what they never have ceased combating with a comical stubbornness, to sustain I know not what fantasy of liberalism in contradiction to their most loudly confessed principles. Credit was invented to assist labor, to bring into the hands of the laborer the instrument that destroys him, money: and they proceed from there to maintain that, among manufacturing nations, the advantage of money in exchange is nothing; but that it is insignificant in balancing their accounts in merchandise or specie: that it is low prices alone that they have to consider!

Then, let them formulate this law; let them explain that organization, and, instead of talking of credit and forging new chains for the laboring class, let them teach, by an application of the principle of international equilibrium, all the manufacturers who ruin themselves because they are not exchanging' teach those workers, who die of hunger because they have no work, how their products, how the work of their hands are values which they can use for their consumption, as well as if they were bankbills or money. What! this principle which, following the economists, rules the