Système des contradictions économiques/Tome II/94

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[original French]

commerce des nations, serait inapplicable à l'industrie privée! Comment cela? pourquoi? Des raisons, des preuves, au nom de Dieu.

Contradiction dans l'idée même du crédit, contradiction dans le projet d'organiser le crédit, contradiction entre la théorie du crédit et celle du libre commerce : est-ce tout ce que nous avons à reprocher aux économistes?

A la pensée d'organiser le crédit, les économistes en joignent une autre non moins antilogique : c'est celle de rendre l'État organisateur et prince du crédit. C'est à l'Etat, disait le célèbre Law, préludant à la création des ateliers nationaux et à la républicanisation de l'industrie, c'est à l'État de donner crédit, et non de le recevoir. M..xime superbe, faite pour plaire à tous ceux que révolte la féodalité financière, et qui voudraient la remplacer par l'omnipotence du gouvernement; mais maxime équivoque, interprétée dans des sens opposés par deux sortes de personnes, d'une parties politiques fiscaux et budgétaires, à qui tout moyen est bon de faire venir l'argent du peuple dans les coffres de l'État, parce qu'eux seuls y puisent; d'autre part, les partisans de l'initiative, j'ai presque dit de la confiscation gouvernementale, à qui la communauté seule peut profiter.

Mais la science ne s'enquiert point de ce qui plaît, elle cherche ce qui est possible : et toutes nos passions anti-banquières, nos tendances absolutistes et communistes ne peuvent prévaloir à sea yeux sur l'intime raison des choses. Cr, l'idée de faire dériver de l'État tout credit, et par conséquent toute garantie, peut se traduire dans la question suivante :

L'État, organe improductif, personnage sans propriétés et sans capitaux, n'offrant pour gage hypolhécaire que son budget, toujours emprunteur, toujours banqueroutier, toujours obéré, qui ne peut s'engager sans engager avec lui tout le monde, par conséquent ses prêteurs eux-mêmes, hors duquel, enfin, se sont développées spontanément toutes les institutions de crédit, l'État, par ses ressources, sa garantie, son initiative, la solidarité qu'il impose, peut-il devenir le commanditaire universel, l'auteur du crédit? Et quand il le pourrait, la societé le souffrirait-elle?

Si cette question était résolue par l'affirmative, il s'ensuivrait que l'État possède le moyen de remplir le vœu de la société mani-

[English translation]

trade of nations, is inapplicable to private industry! How is this? Why? Some reasons, some proofs, in the name of God.

Contradiction in the idea itself of credit, contradiction in the project of organizing credit, contradiction between the theory of credit and that of free trade: is this all for which we have to reproach the economists?

To the thought of organizing credit, the economists add another idea no less illogical. It is that of making the State organizer and prince of credit. "It is for the State," said the celebrated John Law, before the creation of national workshops and of the republicanization of industry, "it is for the State to give credit and not to receive it." Superb maxim, made to please all those who revolt against financial feudalism, and who would replace it by the omnipotence of government; but it is an equivocal maxim, interpreted in opposite senses by two kinds of persons; on one side the politicians of the public treasury and of the budget, who resort to any means to bring the people's money into the coffers of the State, because they alone can do so; on the other side, the partisans of initiative—I almost said of governmental confiscation—by which the community alone can profit.

But science does not inquire what pleases, it seeks what is possible; and all our feelings against bankers, our absolutist and communist tendencies, cannot prevail in its eyes upon the inmost reason of things. Now the idea of deriving all credit from the State, and consequently all guaranties, can be expressed in the following question:

The State, an unproductive organism, an entity without property and without capital, cannot offer anything as security for a mortgage except its budget; always a borrower, always bankrupt, always in debt, it cannot involve itself, without involving everyone with it. In consequence, the lenders themselves, outside of it, finally developed spontaneously all the institutions of credit. The State, by its resources its guaranty, its initiative, the solidarity that it imposes, can it become the universal partner, the author of credit? And if it could, would society tolerate it?

If this question were answered in the affirmative, it would follow that the State possesses the means to answer the prayer of society manifested