Système des contradictions économiques/Tome II/95

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[original French]

festé par le crédit, lorsque, renonçant à son utopie d'affranchissement du prolétariat parle libre commerce, et se reployant sur ellemême, elle cherche à rétablir l'équilibre entre la production et la consommation par un retour du capital au travail qui le produit. L'État, en constituant le crédit, aurait obtenu l'équivalent de la constitution des valeurs : le problème économique serait résolu, le travail affranchi, la misère refoulée.

La proposition de rendre l'État tout à la fois auteur et distributeur du crédit malgré sa tendance despolico-communiste, est donc d'une importance capitale, et mérite d'attirer toute notre attention.

Pour la traiter, non pas avec l'étendue qu'elle mérite, car au point où nous sommes parvenus, les questions économiques n'ont plus de bornes; mais avec la profondeur et la généralité, qui seules peuvent suppléer aux détails, nous la diviserons en deux périodes : l'une, qui embrasse tout le passé de l'État relativement au crédit, et que nous allons sur-le-champ passer en revue; l'autre qui aura pour objet de déterminer ce que contient la théorie du crédit, et par conséquent ce que l'on peut attendre d'une organisation du crédit, soit par l'État, soit par le capital libre; ce sera la matière du second et du troisième paragraphe..

Si, pour apprécier la puissance d'organisation qu'il a plu aux économistes, dans ces derniers temps, de reconnaître à l'État en matière de crédit, après la lui avoir refusée en matière d'industrie, il suftisait d'invoquer d£s antécédents, la partie serait trop belle contre nos adversaires, à qui nous n'aurions plus qu'à opposer, en place d'arguments, ce qui peut les toucher davantage, l'expérience.

11 est prouvé, leur dirions-nous, par l'expérience, que l'État n'a ni propriétés, ni capitaux, riraen un mot sur quoi il puisse fonder ses lettres de crédit. Tout ce qu'il possède, en valeurs mobilières et immobilières, est depuis longtemps engagé; les dettes qu'il a contractées en sus de son actif, et dont la nation paye pour lui l'intérêt, dépassent en France quatre .milliards. Si donc l'État se fait organisateur du crédit, entrepreneur de banque, ce ne peut être avec ses propres ressources, mais bien avec la fortune des administrés : d'où il faut conclure que, dans le système d'organisation du crédit par l'État, en vertu d'une certaine solidarité fictive ou tacite, ce qui appartient aux citoyens appartient à l'État, mais

[English translation]

by credit, when, renouncing its utopia of enfranchising the proletariat by the freedom of trade, and turning suddenly around, it seeks to re-establish the equilibrium between production and consumption by a return of capital to the laborer who has produced it. The State in constituting credit would have obtained the equivalent of the constitution of values; the economic problem would be settled, labor freed, poverty diminished.

The proposition to make the State at once source and distributor of credit, notwithstanding its despotico-communistic tendency, is, therefore, of supreme importance, and merits all our attention.

To treat it, not to the extent that it merits (because at the point where we have arrived, the economic questions have no limit). but with profundity and generality, which alone can supply all the details, we shall divide it into two periods: one, which includes all the past of the State relatively to credit; the other, which will have for its object to determine what the theory of credit means, and in consequence what can be expected of an organization of credit, either by the State or by free capital; that will be the material for the second and third sections.

If to appreciate the power of organization which it has pleased the economists, in recent times, to attribute to the State in the matter of credit after having refused to do so in the matter of industry, it sufficed to invoke precedents, our case against our adversaries would be simple, requiring only that instead of arguments we oppose them with what would affect them more—experience.

It is proved, we would tell them, by experience, that the State has no property, no capital, nothing, in a word, on which it can base its letters of credit. All that it possesses, in movable and immovable values, have long been pledged: the debts that it has contracted are over and above its assets, and consequently the nation pays in France over four billions interest on it. If, therefore, the State were to become the organizer of credit, the banker, it cannot become such with its own resources, but rather with the money of its customers; from which we must conclude that, in the system of the organization of credit by the State, by virtue of a certain imaginary or assumed solidarity, what belongs to the citizens belongs to the State, but