Théorie de l'impôt/294

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[original French]

leur restait rien pour elles-mêmes ; qu'au rebours c'était parce que le riche produisait peu et ne payait rien qu'il pouvait consommer beaucoup. M. Thiers vient de nous prouver le contraire. C'est en 1848, alors que l'utopie débordant de tontes parts menaçait la propriété, que M. Thiers a jeté dans le monde cette idée à lui, en ayant soin de l'entourer de toutes les précautions oratoires. « Je n'ai aucun penchant, dit-il, pour les opinions singulières. Je n'aime que les opinions communes, tout comme en fait d'esprit je n'aime que le sens commun. Si celle-ci n'était que singulière, elle ne serait pas de mon goût, mais elle est rigoureusement vraie, et je vais l'exposer pour tâcher de faire cesser beaucoup d'erreurs, fort nuisibles aux classes pauvres qu'on a tant à cœur de servir. » (De la Propriété.) Et là-dessus M. Thiers se met à exposer compen- dieusement le phénomène de la diffusion de l'impôt.

Un homme de l'importance de M. Thiers mérite toujours qu'on le réfute : la certitude de la théorie de l'impôt et la correction du langage économique l'exigent. Il n'y a pas un ouvrier qui ne sente le faux de ce singulier raisonnement : Le riche paye le plus d'impôt, parce qu'il consomme le plus. Mais tous ne sont pas capables d'en démontrer le sophisme.

En ce qui'concerne l'impôt de consommation, par exemple, c'est le vendeur, fabricant, commerçant ou propriétaire, qui fait le versement au fisc. Il n'y a rien à reprendre à cette proposition.

Le vendeur, fabricant, commerçant ou propriétaire, est remboursé de son avance par le consommateur : cela n'est pas plus douteux.

Mais le consommateur, à son tour, avec quoi rembourse-t-il le vendeur? Naturellement avec son propre produit, service ou revenu, livré soit en nature, soit en espèces, le tout conformément à l'axiome : Les produits s'échangent contre des produits. De là cette conséquence relevée par nous au chapitre n, § 1er, que l'impôt se lève non sur les capitaux, mais sur les produits.

Puis donc que l'impôt se lève sur le produit, et que nous ne saurions remonter au delà, la conséquence est que celui qui acquitte l'impôt, le vrai contribuable, en dernière analyse, c'est le producteur.

D'où il suit encore qu'au point de vue de l'impôt, interprété d'après la raison économique et le droit moderne, tout producteur est censé consommateur, et tout consommateur producteur, chacune de ces qualités adéquate à l'autre, en vertu du principe que nul ne peut consommer que ce qui lui appartient : Qui non laborat, ne manducet.

Cela posé, que faut-il pour que la répartition de l'impôt soit égale ?

C'est : i" que chacun produise ce qu'il consomme et ne con

[English translation]