Théorie de l'impôt/64

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[original French]

peut rien fournir. Il ne s'agit plus de comptes ni de comptabilité : la question est lout organique ; il faut entrer dans la psychologie des sociétés.


Rapport de l'État et de la Liberté, d'après le droit moderne.

Le droit moderne, en s'inaugurant à la place du droit ancien, a fait une chose nouvelle : il a mis en présence l'une de l'autre, sur la même ligne, deux puissances qui jusqu'alors avaient été dans un rapport de subordination. Ces deux puissances sont l'État et l'Individu, en autres termes le Gouvernement et la Liberté.

La Révolution, en effet, n'a pas supprimé cette puissance occulte, mystique, qu'on appelait le souverain, et que nous nommons plus volontiers l'État; elle n'a pas réduit la société aux seuls individus, transigeant, contractant entre eux, et de leur libre transaction se faisant une loi commune, comme le donnait à entendre le Contrat social de J.-J. Rousseau.

Non, le Gouvernement, le Pouvoir, l'État, comme on voudra l'appeler, s'est retrouvé, sous les ruines de l'ancien régime, tout entier, parfaitement intact, et plus fort qu'auparavant. Ce qui est nouveau depuis la Révolution, c'est la Liberté, je veux dire la condition faite à la Liberté, son état civil et politique.

Notons du reste que l'Etat, tel que l'a conçu la Révolution, n'est pas chose purement abstraite, comme l'ont supposé quelques-uns, Rousseau entre autres, une sorte de fiction légale; c'est une réalité aussi positive que la société elle-même, que l'individu même. L'État est la puissance de collectivité qui résulte, en toute agglomération d'hommes, de leurs rapports mutuels, de la solidarité de leurs intérêts, de leur communauté d'action, de l'entraînement de leurs opinions et de leurs passions. L'État n'existe pas sans les

[English translation]

peut rien fournir. Il ne s'agit plus de comptes ni de comptabilité : la question est lout organique ; il faut entrer dans la psychologie des sociétés.


Relation of the State and Liberty, according to modern right.

Modern right, en s'inaugurant à la place du droit ancien, has done one new thing: it has put in the presence of one another, on the same ligne, two powers which until now had been in a relation of subordination. These two powers are the State and the Individual, in other words Government and Liberty.

The Revolution, indeed, has not suppressed that occult, mystical presence, that one called the sovereign, and that we name more willingly the State; it has not reduced society to lone individuals, transigeant, contracting between them, and of their free transaction making for themselves a common law, as the Social Contract of J.-J. Rousseau gave us to understand.

No, Government, Power, State, as on wishes to call it, s'est retrouvé, under the ruins of the ancien régime, complete, perfectly intact, and stronger than auparavant. What is new since the Revolution, is Liberty, I mean the condition faite à la Liberty, its civil and political state.

Let us note, besides, that the State, as the Revolution conceived it, is not a purely abstract thing, as some, Rousseau among others, have supposed, a sort of legal fiction; it is a reality as positive as society itself, as the individual even. The State is the power of collectivity which results, in every agglomeration of human beings, from their mutual relations, from the solidarity of their interests, from their community of action, from the practice of their opinions and passions. The State does not exist without the