Théorie de la propriété/128

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[original French]

despotismes, terrassé bien des aristocraties, on ne peut pas en définitive dire qu'elle ait fondé quoi que ce soit.

Le moment est venu où la propriété doit justifier d'elle-même ou disparaître : si j'ai obtenu, il y t vingt ans, quelque succès pour la critique que j'en ai faite, j'espère que le lecteur ne se montrera pas moins favorable aujourd'hui pour cette exégèse.

J'observerai d'abord que si nous voulons aboutir dans notre recherche, il est de toute nécessité que nous quittions la route où nos devanciers se sont perdus, Pour rendre raison de la propriété, ils sont remontés aux origines; ils ont scruté, analysé les principes ; ils ont invoqué les besoins de la personnalité et les droits du travail, et fait appel à la souveraineté du législateur. C'était se placer sur le terrain de la possession. On a vu au chapitre IV, dans le résumé critique que nous avons fait de toutes les controverses, dans quels paralogismes se sont jetés les auteurs. Le scepticisme seul pouvait être le fruit de leurs efforts; et le scepticisme est aujourd'hui la seule opinion sérieuse qui existe en matière de propriété. Il faut changer de méthode. Ce n'est ni dans son principe et ses origines, ni dans sa matière qu'il faut chercher la raison de la propriété ; à tous ces égards, la propriété, je le répète, ne peut rien nous offrir de plus que la possession ; c'est dans ses fins.

Mais comment découvrir la finalité d'une institution dont on déclare inutile d'examiner le principe, l'origine et la matière? N'est-ce point, de gaîté de

[English translation]

despotisms, overcame many aristocracies, one cannot finally say that it has founded anything at all.

The moment has come when property must justify itself or disappear: if I have obtained, these last ten years, some success for the critique that I have made of it, I hope that the reader will not show themselves less favorable today to this exegesis.

I will first observe that if we want to be successful in our research, it is completely necessary that we abandon the road where our predecessors became lost. In order to make sense of property, they returned to the origins; they scrutinized and analyzed the principle; they invoked the needs of personality and the rights of labor, and appealed to the sovereignty of the legislator. That was to place oneself on the terrain of possession. We have seen in Chapter IV, in the summary critique that we have made of all the controversies, into what paralogisms the authors were thrown. Only skepticism could be the fruit of their efforts; and skepticism is today the only serious opinion which exists on the subject of property. It is necessary to change methods. It is neither in its principle and its origins, nor in its materials that we must seek the reason of property; in all those regards, property, I repeat, has nothing more to offer us than possession; it is in its aims.

But how to discover the purpose of an institution of which one has declared it useless to examine the principle, the origin and the material? Is it not, to lightheartedly