Théorie de la propriété/129

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[original French]

cœur, se poser un problème insoluble? La propriété, en effet, est absolue, inconditionnée, jus utendi et abutendi, ou elle n'est pas. Or, qui dit absolu, dit indéfinissable, dit une chose que l'on ne peut reconnaître ni par ses limites, ni par ses conditions, ni par sa matière, ni par la date de son apparition. Chercher les fins de la propriété dans ce que nous pouvons savoir de ses commencements, du principe animique sur lequel elle repose, des circonstances où elle se manifeste, ce sera toujours tourner dans le cercle, et s'enfoncer dans la contradiction. Nous ne pouvons pas même apporter en témoignage les services qu'elle est censée rendre, puisque ces services ne sont autres que ceux de la possession elle-même; que nous ne les connaissons qu'imparfaitement; que rien ne prouve d'ailleurs que nous ne puissions nous procurer les mêmes garanties, et de supérieures encore, par d'autres moyens.

Ici encore, et pour la seconde fois, je dis qu'il faut changer de méthode et nous engager dans une route inconnue. La seule chose que nous sachions nettement de la propriété, et par laquelle nous puissions la distinguer de la possession, c'est qu'elle est absolue et abusive ; eh bien ! c'est dans son absolutisme, c'est dans ses abus, pour ne pas dire pis, que nous devons en chercher la finalité.

Que ces noms odieux d'abus et d'absolutisme, cher lecteur, ne vous effraient pas mal à propos. Il ne s'agi point ici de légitimer ce que votre incorruptible conscience réprouve, ni d'égarer votre raison dans les ré-

[English translation]

pose an insoluble problem? Property, indeed, is absolute, unconditional, jus utendi et abutendi, or it is nothing. Now, who says absolute, says undefinable, says a thing which one can recognize neither by its limits nor its conditions, neither by its material, nor by the date of its appearance. To seek the aims of property in what we can know of it beginnings, of the animating principle on which it rests, of the circumstances under which it manifests itself, that would be always to go in circles, and to disappear into contradiction. We cannot even bring to testimony the services that it is supposed to render, since those services are none other than those of possession itself; because we only know them imperfectly; because nothing proves besides that we cannot obtain for ourselves the same guarantees, and still better ones, by other means.

Here again, and for the second time, I say that it is necessary to change methods and to start ourselves on an unknown road. The only thing that we can know clearly about property, and by which we can distinguish it from possession, is that it is absolute abusive; Very well! It is in its absolutism, in its abuses, pour ne pas dire pis, that we must seek the aim.

Do not let these odious names of abuse and absolutism, dear reader, frighten you unnecessarily. It is not a question of legitimating what your incorruptible conscience condemns, nor or misleading your own reason in the