Théorie de la propriété/131

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Théorie de la propriété/131/130 Théorie de la propriété/131/132

[original French]

§ 1. —Nécessité, après avoir organisé l'État, de créer à l'État un contre-poids dans la liberté de chaque citoyen. Caractère fédéraliste et républicain de la propriété. Observations sur le cens électoral et la confiscation.


Considérée dans ses tendances politiques et ses rapports avec l'État, la propriété incline à se faire du gouvernement un instrument d'exploitation, rien de moins, rien de plus.

En ce qui touche le système du pouvoir, monarchique, démocratique, aristocratique, constitutionnel ou despotique, la propriété est de sa nature parfaitement indifférente: ce qu'elle veut, c'est que l'État, la chose publique soit sa chose ; que le gouvernement marche par elle et pour elle, à son plaisir et bénéfice. Le surplus, division des pouvoirs, proportionnalité de l'impôt, éducation des masses, respect de la Justice, etc., lui importe peu. Avant tout, que le gouvernement soit sa créature et son esclave, sinon il périra. Aucuae puissance ne tient devant elle; aucune dynastie rt'est sacrée, aucune constitution inviolable. De deux choses l'une: il faut que la propriété règne et gouverne à sa guise, sinon elle se déclare anarchique, régicide.

Romulus, premier auteur du partage foncier, fondateur du domaine quiritaire, est enlevé par les patriciens: ce fut sa faute. Pourquoi, s'il voulait subordonner l'aristocratie à son pouvoir, la rendait-il indépendante, lui donnait-il une force supérieure, en

[English translation]

§ 1. —Necessity, after having organized the State, of creating a counter-weight to the State in the liberty of each citizen. Federalist and republican character of property. Observations on the electoral census and confiscation.


Considered in its political tendencies and its connections with the State, property tends to make of government and instrument of exploitation, nothing more, nothing less.

In that which concerns the system of power—whether monarchic, democratic, aristocratic, constitutional or despotic—property is by nature perfectly indifferent: what is wants is for the State to be its creature, for government to move by it and for it, at its pleasure and for its benefit. Surplus, division of powers, proportionality of taxes, education of the masses, respect for Justice, etc.—these matter little to property. More than anything, that the government be its creature and its slave, otherwise it will perish. No power prevails before it; no dynasty is sacred, no constitution inviolable. From two things one: it is necessary that property reign and govern as it pleases, otherwise it declares itself anarchical, regicide.

Romulus, original author of the division of land, founder of the quiritaire domain, was brought down by the patricians: that was his fault. Why, if he wanted to subordinate the aristocracy to his power, did he give to them a superior force, by