Théorie de la propriété/134

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[original French]

auront été rendus par la loi divisibles et aliénables, et la primogéniture abolie, comme cela a lieu pour les propriétés allodiales.

On sait comment s'est opérée la Révolution française. Vente et mobilisation d'un tiers du territoire, à titre de propriété allodiale, abolition de tous les anciens droits féodaux, abolition de la primogéniture; conversion des fiefs, non vendus, en propriétés allodiales : voilà ce qui a fait de la France une démocratie.

En 1799, la nouvelle propriété se manifeste par un coup d'État et abolit la République. Quatorze ans après, mécontente de l'Empereur, qui l'avait conle- nue, elle abandonne Napoléon et décide la chute du système impérial. — C'est la propriété qui, en 1830, fait tomber Charles X; c'est elle encorn.qui, en 1848, fait tomber Louis-Philippe. La haute bourgeoisie ou grande propriété était divisée; la classe moyenne ou petite propriété était ameutée ; une poignée de républicains, suivis de quelques hommes du peuple, décida la chose. Louis-Philippe écarté, la logique voulait donc que le pouvoir passât aux républicains. Mais la logique ne fait pas la force : la propriété, un moment surprise, reparut bientôt, et pour la seconde fois se débarrassa de la république. La plèbe n'ayant rien, la démocratie reposait sur le néant. Le coup d'État du 2 décembre a réussi, comme celui du 18 brumaire, par l'appui de la propriété. Louis-Napoléon n'a fait que devancer le vœu de la bourgeoisie, d'autant plus certain du succès que la plèbe voyait en lui un protecteur contre l'exploitation bourgeoise.

[English translation]

have been made by law alienable and divisible, and primogeniture abolished, as takes place for allodial properties.

We know how the French Revolution took place. Sales and mobilization of a third of the territory, as allodial property, abolition of all the old feudal rights, the abolition of primogeniture; conversion of fiefs, not sold, into allodial properties: that is what made France a democracy.

In 1799, the new property manifested itself by a coup d'État and abolished the Republic. Fourteen years later, dissatisfied with the Emperor, who had contained it, it abandoned Napoleon and decided the fall of the imperial system. — It is property that, in 1830, made Charles X fall; it is property again which, in 1848, brought down Louis-Philippe. The high bourgeoisie or great proprietors were divided; the middle class or small proprietors were ameutée; a handful of Republicans, followed by some men of the people, decided the thing. Louis-Philippe écarté, it was logical that power would thus pass to the republicans. But logic did not make force: property, surprised for a moment, soon reparut, and for the second time rid itself of the republic. The plebs having nothing, democracy rested on nothing. The coup d'État of December 2 succeeded, like that of the 18 Brumaire, by the support of property. Louis-Napoléon had only to devancer le vœu of bourgeoisie, so much more certain of success as the plebs saw in him a protector against bourgeois exploitation.