Théorie de la propriété/135

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[original French]

II est donc prouvé que la propriété, par elle-même, ne tient à aucune forme de gouvernement; qu'aucun lien dynastique ou juridique ne l'enchaîne ; que toute sa politique se réduit à un mot, l'exploitation, sinon l'anarchie; qu'elle est pour le pouvoir le plus redoutable ennemi et le plus perfide allié; en un mot que, dans ses rapports avec l'État, elle n'est dirigée que par un seul principe, un seul sentiment, une seule idée, l'intérêt personnel, Fégoïsme. Voilà en quoi consiste, au point de vue politique, l'abus de la propriété. Qui rechercherait ce qu'elle fut dans tous les États où son existence fut plus ou moins reconnue, à Carthage, à Athènes, à Venise, à Florence, etc., la retrouverait toujours la même. Au contraire, qui étudiera les effets politiques de la possession ou du fief, aboutira constamment à des résultats opposés. C'est la propriété qui fit la liberté, puis l'anarchie et finalement la dissolution de la démocratie athénienne; c'est le communisme qui soutint la tyrannie et l'immobilisme de la noble Lacédémone, engloutie sous l'océan des guerres, c<qui périt les armes à la main.

Et voilà aussi pourquoi tout gouvernement, toute utopie et toute Église se méfient de la propriété. Sans parler de Lyçurgue et Platon, qui la chassent, ainsi que la poésie, de leurs républiques, nous Voyous les Césars, chefs de la plèbe, qui n'ont vaincu que pour obtenir la propriété, à peine en possession de la dictature, attaquer le droit quiritaire de toutes les manières. Ce droit quiritaire était l'apanage, pour ainsi dire, du peuple romain. Auguste l'étend à toute

[English translation]

Thus it is proven that property, by itself, holds to no form of government; that no dynastic or juridical link enchaîne it; that all of its politics is reduced to a word, exploitation, if not anarchy; that it is for power the most redoubtable enemy and the most perfidious ally; in a word that, in its relations to the State, it is directed by only one principle, a single sentiment, one sole idea, personal interest, egoism. It is in this that consists, from the point of view, the abuse of property. Whoever will research what it has done in all the States where its existence was more or less recognized, in Carthage, Athens, Venice, Florence, etc., will always find there the same. On the contrary, whoever will study the political effects of possession or fief, will be led constantly to the opposite results. It is property which makes liberty, since the anarchy and finally the dissolution of the Athenian democracy; it is communism which sustained the tyranny and stasis of the noble Lacédémone, engulfed in the ocean of wars, who perished with weapons in hand.

And this is also why every government, every utopia and every Church mistrust property. Without speaking of Lycurgus and Plato, who chased it, along with poetry, from their republics, we see the Caesars, leaders of the plebs, who have vaincu only to obtain property, à peine en possession of the dictatorship, attack the quiritaire right in every way. That quiritaire right was the apanage, so to speak, of the Roman people. Augustus extended it to all