Théorie de la propriété/136

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[original French]

l'Italie, Caracalla à toutes les provinces. On combat la propriété par la propriété: c'est de la politique à bascule. Puis on attaque la propriété par l'impôt; Auguste établit l'impôt sur les successions, 5 p. 400; puis un autre impôt sur les adjudications, 1 p. 100; plus tard on établit des impôts indirects. Le christianisme, à son tour, attaque la propriété par son dogme; les grands feudataires par le service de guerre : les choses en viennent au point que sous les empereurs, les citoyens renoncent à leur propriété et à leurs fonctions municipales; et que sous les Barbares, du sixième au dixième siècle, les petits propriétaires d'alleux regardent comme un bonheur pour eux de s'attacher à un suzerain. Autant, en un mot, la propriété, par sa nature propre, se montre redoutable au pouvoir, autant celui-ci s'efforce de conjurer le péril en se prémunissant contre la propriété. On la contient par la crainte de la plèbe, par les armées permanentes, par les divisions, les rivalités, la concurrence; par des lois restrictives de toutes sortes, par la corruption. On réduit ainsi peu à peu la propriété à n'être plus qu'un privilége d'oisif : arrivée là, la propriété est domptée; le propriétaire, de guerrier ou baron, s'est fait pêquin; il tremble, il n'est plus rien.

Toutes ces considérations recueillies, nous pouvons conclure: la propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe et qui se puisse opposer au pouvoir. Or, la force par elle-même ne peut être dite bienfaisante ou malfaisante, abusive ou non abusive:

[English translation]

Italy, Caracalla to all the provinces. One combats property with property: it is for politics to balance. Then one attacks property by taxation; Augustus established the tax on successions, 5 p. 400; then another tax on adjudications, 1 p. 100; later one established indirect taxes. Christianity, in its turn, attacked property with its dogma; the great feudataires par le service de guerre: things come to a point that under the emperors, the citizens renounce their property and their municipal functions; and under the Barbarians, from the sixth to the tenth century, the small proprietors of alleux regarded it a bonheur for them to attach themselves to a suzerain. As much as, in a word, property, by its own nature, shows itself redoutable to power, that much power attempts to avert the danger by protecting itself against property. One contains it by the fear of the plebs, by permanent armies, by divisions, rivalries and competition; by restrictive laws of all sorts, by corruption. Property is thus reduced little by little to being only a privilege of the idle: at this point, property is tamed; the proprietor, from warrior or baron, is made pêquin; he trembles, he is nothing anymore.

All these considerations recalled, we can conclude: property is the greatest revolutionary force which exists and which can be opposed to power. Now, the force itself cannot be said to be beneficent or maleficent, abusive or non-abusive: