Théorie de la propriété/137

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[original French]

elle est indifférente à l'usage auquel on l'emploie ; autant elle se montre destructive, autant elle pent devenir conservatrice ; si parfois elle éclate en effets . subversifs au lieu de se répandre en résultats utiles, la faute en est à ceux qui la dirigent et qui sont aussi aveugles qu'elle.

L'État constitué de la manière la plus rationnelle, la plus libérale, animé des intentions les plus justes, n'en est pas moins une puissance énorme, capable de tout écraser autour d'elle, si on ne lui donne un contre-poids. Ce contre-poids, quel peut-il être? L'État tire toute sa puissance de l'adhésion des citoyens. L'État est la réunion des intérêts généraux appuyée par la volonté générale et servie, au besoin, par le concours de toutes les forces individuelles. Où trouver une puissance capable de contre-balancer cette puissance formidable de l'État? Tl n'y en.a pas d'autre que la propriété. Prenez la somme des forces propriétaires : vous aurez une puissance égale à celle de l'État. — Pourquoi, me demanderez-vous, ce contre-poids ne se trouverait-il pas aussi bien dans la possession ou dans, le fief?—.C'est que la possession, ou lefief, est çlle-même une dépendance de l'État; qu'elle» est comprise dans l'État; que, par conséquent, au lieu de s'opposer à l'État, elle lui vient en aide; elle pèse dans le même plateau : ce qui, au lieu de produire un équilibre, ne fait qu'aggraver le gouvernement. Dans un tel système. l'État est d'un côté, tous les sujets ou citoyens avec lui; il n'y a rien de l'autre. C'est l'absolutisme gouvernemental dans son expression la plus

[English translation]

it is indifferent to the use in which it is employed; as much as it shows itself destructive, so much can it become conservatrice; if sometimes it eclat in subversive effects, instead of giving out useful results, the fault is in those who manage it, and who are as blind as it.

The state, constituted in the most rational and liberal manner, animated by the most just intentions, is none the less an enormous power, capable of crushing everything, all by itself, if it is not given a counter-balance. What can that counter-balance be? The state draws all of its power from the support of the citizens. The state is the gathering together of the general interest, supported by the general will and served, if necessary, by the combination of all the individual forces. Where will we find a power capable of counter-balancing that formidable power of the state? It is nothing other than property. Take the sum of the proprietors' force: you have a power equal to that of the state.—Why, you ask me, isn't that counter-balance also found in possession, or in fief?—Because possession, or fief, is itself a dependence of the state; it is encompassed by the state, and consequently, instead of opposing it, it gives it aid; it weighs in on the same side of the scale: which, instead of producing an equilibrium, only aggravates the power of government. In such a system, the state is on one side, all the subjects or citizens with it; there is nothing on the other side. It is governmental absolutism in its highest expression