Théorie de la propriété/145

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Théorie de la propriété/145/144 Théorie de la propriété/145/146

[original French]

portée dans une société politique, devient aussitôt républicaine,

C'est tout le contraire de la possession ou du fief, dont la tendance est fatalement à l'unité, à la concentration, à la sujétion universelle. De tous les despotismes, le plus écrasant fut celui des czars, à ce point qu'il en devenait impossible, et que depuis un demi-siècle on a vu les empereurs de Russie travailler d'eux-mêmes à en alléger le poids. Or, la cause première de ce despotisme était dans cette possession slave, à laquelle les réformes d'Alexandre II viennent de porter un premier coup.

Un des abus les plus odieux de la propriété, qui dès l'origine a soulevé contre elle la plainte des masses, est l'accaparement. Les grandes propriétés ont perdu l'Italie, latifundia perdidere Italiam. C'est le cri des historiens qui ont raconté les derniers temps de l'empire. Ce peut être une fort belle chose qu'un vaste domaine bien exploité, bien clos, et donnant régulièrement au propriétaire un bon revenu. La société a sa part de cette richesse : en sorte que l'on peut dire jusqu'à certain point que l'intérêt public est d'accord avec la grande propriété. Mais il est encore plus triste de voir des troupes de paysans sans patrimoine, errant sur les routes, chassés de la terre qui semble leur appartenir, et refoulés par le latifundium dans le prolétariat des grandes villes, où ils végètent, sans droits comme sans avoir. Or, c'est ce qui n'arriverait pas dans un système de propriété conditionnelle et restreinte, qui interdirait la division et l'aliénation du

[English translation]

carried into political society, becomes straightway republican.

It is entirely the opposite with possession or fief, which has a fatal tendency to unity, to concentration, to universal subjection. Of all the despotisms, the must crushing was that of the czars, to the point that it became impossible, and that for half a century one has seen the emperors of Russia labor of themselves to lighten the weight. Now, the first cause of that despotism was in slavic possession, against which the reforms of Alexandre II just struck a first blow.

One of the most odious abuses of property, which from its origins has raised against it the complaint of the masses, is monopolization. The great properties have ruined Italy, latifundia perdidere Italiam. It is the cry of the historians who have recounted the last days of the empire. It can be a very good thing that a vast domain well worked, well enclosed, and giving regularly to the proprietor a good revenue. Society has its part in that wealth: so that one can say up to certain point the the public is in agreement with the large property. But it is encore more sad to see companies of farmers without patrimony, wandering on the roads, chased from the land that seems to belong to them, and refoulés by the latifundium in the proletariat of the large cities, where they stagnate, without rights as without holdings. Now, it is that which would not occur in a system of conditional and restricted property, which forbade the division and the alienation of the