Théorie de la propriété/147

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[original French]

l'on trouve le plus de liberté et d'égalité sont ceux que régit la propriété. Il suffit de rappeler ici et l'existence des grands fiefs, et les droits féodaux, et la servitude ou le servage féodal. Peut-être, répliquera-t-on, qu'en cela le principe de la possession était violé, et qu'il n'est pas juste, en théorie, de charger un principe des malversations de ses applicateurs. Mais c'est justement là qu'est l'illusion, comme je vais le démontrer.

Nous avons reconnu que les facultés de réalisation entre les individus et les races étaient inégales; que du moins le développement n'était pas le même pour tous : les uns montrant plus, les autres moins de précocité; que c'était à cette cause qu'il fallait attribuer l'inégalité des conditions, des fortunes et des rangs; mais que les lois de l'organisme politique étaient contraires à cette inégalité; qu'il y avait, par conséquent, effort général de l'humanité vers le nivellement, et que c'était afin de rétablir le niveau social qu'avait été posé, d'un consentement unanime, le principe d'égalité devant la loi.

Nous avons remarqué que ce principe, d'une incalculable portée, devait avoir pour effet, dans une société de justice et d'ordre, de réduire l'inégalité des conditions et des fortunes, toujours entachée d'arbitraire, à celle des services et produits ; en autres termes, de faire que la fortune du citoyen fût l'expression exacte, non de sa capacité ou de sa vertu, choses qui ne se mesurent pas, mais de ses œuvres, comparées aux œuvres de ses concitoyens. On peut voir, par

[English translation]

one finds the most liberty and equality are those ruled by property. It is enough to recall here the existence of the large fiefs, the feudal rights, and the servitude or feudal servage. Perhaps, one will reply, the principle of possession was violated, and it is not just, in theory, to charge a principle with the malversations of its applicators. But it is exactly that which is the illusion, as I will demonstrate.

We have recognized that the faculties of réalisation between individuals and races were unequal; that at least the development was not the same for all: some showing more, others less precocity; that is was necessary to attribute to this cause the inequality conditions, fortunes and ranks; but that the laws of the political organism were contrary to this inequality; that there was, consequently, a general effort of humanity towards nivellement, and that it was afin de reestablishing the social level that the principle of equality before the law had been posited by unanimous consent.

We have remarked that this principle, of an incalculable significance, must have the effect, in a society of justice and order, of reducing the inequality of conditions and fortunes, always always tainted by arbitrariness, to that of services and products; in other words, to make the fortune of each citizen the exact expression, not of his capacity or his virtue, things which ne se mesurent pas, but of his works, compared to the works of his fellow citizens. One can see, by