Théorie de la propriété/148

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Théorie de la propriété/148/147 Théorie de la propriété/148/149

[original French]

la comparaison du taux des salaires dans les diverses catégories industrielles, même en tenant compte de toutes les anomalies du marché, combien cette façon mercantiliste de procéder est favorable à l'égalité; combien, dans la sphère du travail, l'inégalité des biens est loin d'atteindre aux proportions que lui laisse prendre la politique, et qui se manifestent surtout dans la possession territoriale.

Dans une société où la terre est presque le seul capital, et la récolte du cultivateur le seul produit, le souverain, devant tenir compte des inégalités naturelles et n'ayant aucun moyen de l'apprécier, la répartition du sert s'opérera, non d'après le tarif des services, mais plutôt selon la dignité et le rang. De même que de nos jours on donne cent mille francs de rente au général qui commandait à la prise de Sébastopol, et une médaille de cuivre au soldat qui monta à l'assaut, de même, dans une société constituée sur le régime de la possession, le roi donne à ses barons, comtes, ducs, princes, mille, dix mille et cent mille hectares de terre, et quatre seulement à l'homme d'armes. Les frais d'exploitation, risques de culture, les déductions à faire à l'échange, les inconvénients de l'isolement, viennent ensuite s'ajouter à ce mode défectueux de répartition pour augmenter l'inégalité. Le petit possesseur , forcé d'implorer l'assistance du grand, devient son fermier; les petites tenures, se groupant, forment une espèce de commune rustique, dont le principal tenancier devient le seigneur; si bien qu'enfin, là où d'abord tout le monde était

[English translation]

the comparison of the rates of wages in the various industrial categories, even taking account of all the anomalies of trade, how much that mercantile manner of proceeding is favorable to equality; how much, in the sphere of labor, the inequality of goods is far from atteindre aux proportions que lui laisse prendre la politique, and which manifests itself especially in territorial possession.

In a society where land is nearly the only capital, and the harvest of the cultivator the sole product, the sovereign, before taking account of the natural inequalities and having no means of l'apprécier, the distribution of the soil will occur, not according to the rate of services, but rather according to dignity and rank. Just as in our time one gives a hundred thousand francs of rent to the general who commanded at the taking of Sebastopol, and a medal of cuivre to the soldier who mounted the attack, so, in a society constituted on the regime of possession, the king gives to his barons, counts, dukes, princes, a thousand, ten thousand or a hundred thousand hectares of land, and only four to the man-at-arms. The costs of exploitation, risks of culture, les déductions à faire à l'échange, the disadvantages of isolation, soon come to add themselves to that defective mode of division in order to augment the inequality. The small possessor, forced to beg assistance of the large, becomes his tenant farmer; the small tenures, grouping together, form a sort of rustic commune, the principal tenancier of which becomes seigneur; with the result that finally, there where at first everyone was