Théorie de la propriété/149

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Théorie de la propriété/149/148 Théorie de la propriété/149/150

[original French]

libre, il ne reste plus que des nobles et des serfs.

Faites maintenant que cette propriété communale et tous ces domaines nobiliaires puissent êlre divisés et vendus comme des quartiers de bœuf, qu'ils entrent dans l'échange et se payent en produits, comme s'ils n'étaient eux-mêmes que des produits : bientôt vous verrez l'inégalité décroître, et la propriété, par la faculté même qui lui est donnée d'accaparer, devenir une institution de nivellement. Ici, la tendance est l'opposé de ce qu'elle est là : tandis que la possession, partant de la liberté et de l'égalité primitives, s'enfonce de plus en plus dans l'inégalité et Ja servitude, la propriété, établie sur l'absolutisme anarchique, anti-unitaire et pourtant accapareuse, cumulant les vices les plus contraires, marche à l'égalité et sert la Justice.

La propriété ne se pose donc point à priori comme droit de l'homme et du citoyen, ainsi qu'on l'a cru jusqu'à ce jour et que semblent le dire les déclarations de 89, 93 et 95 : tous les raisonnements qu'on ferait pour établir à priori le droit de propriété sont des pétitions de principe, et impliquent contradiction. La propriété se révèle, dans ses abus, comme une fonction; et c'est parce qu'elle est une fonction à laquelle tout citoyen est appelé, comme il est appelé à posséder et à produire, qu'elle devient un droit : le droit résultant ici de la destinée, non la destinée du droit. (Voir ma Théorie de l'Impôt, chap. II, page 76, rapports de la Liberté et de l'État.)

Le caractère fonctionnel et, nous pouvons le dire

[English translation]

free, there no longer remains anything by nobles and serfs.

Faites maintenant que that communal property and all its nobiliaires domains could be divided and sold like quarters of beef, make them enter into exchange and se payent in products, as if they were themselves only products: soon you will see the inequality decrease, and property, by the very property that it is given to monopolize, will become a leveling institution. Here, the tendency is the opposite of what it is there: while possession, beginning from liberty and primitive equality, sinks more and more into inequality and servitude, property, established on anarchic absolutism, anti-unitaire et pourtant monopolistic, accumulating the most contrary vices, advances to equality and serves Justice.

Thus property is not posited a priori as a right of man and citizen, as has been believed previously and as the declarations of 89, 93 and 95 seem to say: all the arguments that one could make to establish a priori the right of property are pétitions de principe, and imply contradiction. Property reveals itself, in its abuses, as a function; and it is because it is a function to which every citizen is called, as he is called to possess and to produce, that it becomes a right: the right resulting here from the destiny, not the destiny from the right. (See my Théorie de l'Impôt, chap. II, page 64, "Relations of Liberty and the State.")

The functional and, we can say,