Théorie de la propriété/159

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[original French]

-tue, il en trafique, il en fait l'objet de spéculations; cultivateur, il la tourmente, il la viole, il l'épuisé, il la sacrifie à sou impatiente cupidité, il ne s'y unit jamais... »

La pratique du produit net, bien plus savante de nos jours qu'elle ne le fut dans l'antiquité, a porté l'égoïsme humain au dernier degré du raffinement. Certes, le vieux patricien romain était avare, dur avec ses esclaves plus que nous ne le sommes avec nos domestiques; mais enfin il travaillait avec eux, il habitait la même exploitation, respirait le même air, mangeait à la même table; de lui au rentier absentéiste, la différence était énorme. Aussi l'Italie fut belle, riche, populeuse et salubre tant qu'elle fut cultivée par ses propriétaires : elle devint déserte, pestilentielle quand elle fut abandonnée aux esclaves, et que le maître alla consommer à Rome ses immenses revenus. Et les mœurs tombèrent avec la culture, en même temps que le propriétaire, usant de son droit, méconnaissait ses devoirs.

Tels sont, au point de vue économique et social, les abus de la propriété, abus flagrants, et que toute conscience réprouve, mais qui ne constituent, aux yeux de la loi, ni crime ni délit, et que la justice officielle ne saurait poursuivre, puisqu'ils font partie essentielle du droit, dû propriétaire, et qu'on ne saurait les réprimer sans détruire du même coup la propriété; abus, par conséquent, que nous n'aurons garde de dissimuler ou d'amoindrir, puisqu'ils doivent servir à nous révéler dans la propriété de nouvelles fins, dont la connais-

[English translation]

he trifles with it, he makes it an object of speculations; the cultivator, he torments it, violates it, he exhausts it, he sacrifices it to his impatient cupidity, but he never unites with it... »

The practice of net product, much more clever in our day than it was in antiquity, has carried human egoism to the last degree of refinement. Certainly, the old Roman patrician was miserly, more harsh with his slaves than we are with our domestics; but in the end he worked with them, he inhabited the same holding, breathed the same air, and ate at the same table; from him to the absentee landlord, the difference was enormous. Aussi l'Italie fut belle, riche, populeuse et salubre tant qu'elle fut cultivée par ses propriétaires: elle devint déserte, pestilentielle when it was abandoned to slaves, et que le maître alla consommer à Rome ses immenses revenus. Et les mœurs tombèrent avec la culture, at the same time that the proprietor, exercising his right, was unaware of his duties.

Such are, from the economic and social point of view, the abuses of property, flagrant abuses, that every conscious reproves, but which do not constitute, in the eyes of the law, either crime or offense, and that official justice could not pursue, since they are an essential part of the right of the proprietor, and one could not suppress them without destroying property by the same blow; abuses, consequently, que nous n'aurons garde to conceal or diminish, since they should serve to reveal to us new ends in property, the knowledge of which