Théorie de la propriété/162

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[original French]

On dirait une bouffonnerie de Panurge. Jamais, certes, législateur, prince ou assemblée nationale, ne se fût avisé d'une pareille idée; et c'est pour moi la preuve que la propriété n'est pas d'institution législative; qu'elle n'a pas été décrétée par une assemblée de représentants, prononçant après mûre délibération et en connaissance de cause ; elle est le produit de la spontanéité sociale, l'expression d'une volonté sûre d'elle-même, et qui s'affirme également dans les individus et dans la masse.

Remarquons la raison profonde de cette constitution . Il y a des choses, s'est dit la sagesse dès nations, pour lesquelles la conscience, humaine exige pleine et entière liberté, et repousse toute espèce de réglementation. De ce nombre sont l'amour, l'art, le travail; il faut y joindre la propriété.

Au point de vue de la perfection morale, toute affection de l'âme, tout acte de la volonté; étant plus ou moins empreint d'égoïsme, peut être réputé péché ou induisant à péché. Il n'y a que le sentiment du droit qui soit pur, la Justice étant incorruptible par nature, ne pouvant jamais nuire, servant au contraire de panacée. Ainsi l'amour, fleur de la vie, soutien de la création, sans lequel toute existence est désolée, l'amour n'est pas pur : malgré les charmes que lui prête la poésie, il se résout finalement en impudicité et corruption. Que fera donc ici le législateur moraliste? Ira-t-il, après avoir institué le mariage et tiré la famille de la promiscuité, imposer un règlement aux époux, faire des lois d'alcôve, tantôt inviter à l'action,

[English translation]

It looks like a comedy of Panurge. Never, certainly, were legislators, prince or national assembly, advised of any such idea, and that is for me proof that property is no legislative institution; it has not been declared by an assembly of representatives, pronouncing after careful deliberation and in knowledge of the causes; it is the product of social spontaneity, the expression of a self-confident will, which is affirmed equally in individuals and in the mass.

Let us note the profound reason for this constitution. There are things, expressed the wisdom of nations, for which the human conscience demands full and complete freedom, and rejects any sort of regulation. Of this number are love, art and labor; we must add property to the list.

From the point of view of moral perfection, every affection of the soul, every act of the will, being more or less tinged with selfishness, may be deemed as sin or as inducing sin. There is only the sense of right that is pure; justice is incorruptible by nature, never being able to harm, serving on the contrary as panacea. Thus love, flower of life, sustains the creation, without which all existence is desolated, love is not pure: despite the charms that poetry gives it, it resolves itself finally in immorality and corruption. What then will the moralist legislator do here? Will he, after having established the marriage and the pulled the family from promiscuity, impose a regulation on the husband, to make lois d'alcôve, sometimes inviting inviter à l'action,,