Théorie de la propriété/165

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[original French]

ministration de sa propriété. Là le législateur a voulu que le citoyen jouît, à ses risques et périls, de l'autonomie la plus complète, responsable seulement de ses actes, lorsqu'ils nuisent à des tiers, la société ou l'État considéré lui-même comme un tiers. A ces conditions seulement, le législateur révolutionnaire a cru que la société pourrait prospérer, marcher dans les voies de la richesse et de la justice. Il a rejeté toutes les entraves et restrictions féodales. C'est pourquoi le citoyen, en tant qu'il travaille, produit, possède,—fonction de la société,—n'est pas du tout un fonctionnaire de l'État : il ne dépend de personne, fait ce qu'il veut, dispose de son intelligence, de ses bras, de ses capitaux, de sa terre, selon qu'il lui plaît ; et l'événement prouve qu'en effet, c'est dans le pays où règne cette autonomie industrielle, cet absolutisme propriétaire, qu'il y a le plus de richesse et de vertu.

Le législateur, pour garantir cette indépendance d'initiative, cette liberté illimitée d'action, a donc voulu que le propriétaire fût souverain dans toute la force de l'expression : qu'on se demande ce qui serait arrivé s'il eût voulu le soumettre à une réglementation? Comment séparer l'us de l'abus? Comment prévoir toutes les malversations, réprimer l'insubordination, destituer la fainéantise, l'incapacité, surveiller la maladresse, etc., etc. — En deux mots, l'exploitation par l'État, la communauté gouvernementale rejetée, il n'y avait a faire que cela.

Donc, que le propriétaire sépare tant qu'il voudra le produit net du produit brut; qu'au lieu de s'attacher

[English translation]

administration of his property. The legislator has desired that the citizen enjoy, at his own risks and perils, the most complete autonomy, responsible only for his acts, when they harmed a third party, society or the State considered itself as a third. In these conditions only, the revolutionary legislator has believed that society could prosper, advance on the paths of wealth and justice. He has rejected all the feudal hindrances and restrictions. That is why the citizen, in so far as he works, produces, and possesses,--function of society,--is not at all a functionary of the State: he depends on no one, does what he wants, disposes of his intelligence, of his arms, of his capital, as it pleases him; and the events proves that indeed, it is in the countries where that industrial autonomy, that proprietary absolutism reigns, that there is the most wealth and virtue.

The legislator, in order to guarantee that independence of initiative, that unlimited freedom of action, has thus wanted property to be sovereign in all the force of the expression: one wonders what would have happened if he had wanted to submit it to regulation? How to separate the use from the abuse? How to predict all the malpractice, repress the insubordination, to remove the laziness, the incapacity, to monitor the clumsiness, etc., etc. — In two words, exploitation by the State, the governmental community rejected, there was no other choice.

Thus, let the proprietor separate as much as he wants the net product from the gross product; qu'instead of attaching himself