Théorie de la propriété/170

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Théorie de la propriété/170/169 Théorie de la propriété/170/171

[original French]

aurait protesté de toute la force de sa conscience contre cette institution de l'absolutisme et de l'abus ; par respect du droit, dans l'intérêt des masses, il aurait maintenu l'antique possession ; et, sans s'en douter, contre son intention formelle, il eût éternisé le despotisme dans l'État, la servitude dans la société. Actuellement la propriété existe ; le hasard de la naissance a fait de lui un de ses titulaires. Il possède sans être possédé; il croit à la bonne foi d'un principe qu'il n'a point voulu, et dont la responsabilité pèse sur tous. Mais il se dit en même temps que propriété oblige, et que si la loi ne lui demande rien, sa conscience lui impose tout. Prince du travail, gardien des lois et de la liberté, la vie du propriétaire n'est point à ses yeux une vie de jouissance et de parasitisme, mais une vie de combat. C'est lui qui, dans la vieille Rome, noble laboureur, chef de famille austère, réunissant en sa personne la triple qualité de prêtre, de justicier et de capitaine, rendit immortel, glorieux à l'égal des rois, le nom, aujourd'hui presque ridicule, de citoyen. C'est lui qui, en 1789, s'arma tout à la fois contre le despotisme féodal et contre l'étranger. La conscription a remplacé les bataillons de volontaires; mais, si les armées de l'Empire ont rivalisé de courage avec celles de la République, elles leur sont restées inférieures pour la vertu. Ami du peuple travailleur, jamais son courtisan, attendant l'égalité du progrès; c'est encore lui qui disait, en 1848, que la démocratie avait pour but non d'accourcir les habits, mais d'allonger les vestes; lui enfin qui soutient la société contemporaine

[English translation]

would have protested with all the force of his conscience against that institution of absolutism and abuse; out of respect for the right, in the interest of the masses, he would have maintained the ancient possession; and without being aware of it, against his formal intention, he would have eternalized despotism in the State, servitude in society. Property exists presently; the accident of birth has made him one of its owners. He possesses without being possessed; he believes in good faith in a principle that he has not wanted, and the responsibility of which weighs on everyone. But he said at the same time that property obliges, and if the law demands nothing of him, his conscience imposes all. Prince of labor, the guardian of law and of liberty, the life of the owner is not to be a life of enjoyment and parasitism, but a life of struggle. He was in the old Rome, noble laborer, head of the austere family, reuniting in his person the threefold capacity of priest, justice and master, made immortal, glorious like the kings, the name, today almost ridiculous, of citizen. It was he who, in 1789, armed both against feudal despotism and against the world. Conscription has replaced the battalions of volunteers, but if the armies of the Empire have rivaled in courage those of the Republic, they have remained inferior in virtue. Friend of the working people, never its courtesan, awaiting the progress of equality; it is also he who said in 1848 that democracy was intended not to accourcir habits, but to extend jackets; he finally who supports contemporary society