Théorie de la propriété/221

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[original French]

millions de paysans. Cette possession implique en elle les différents droits d'usage, d'habitation, de culture, pâture, chasse, pêche, tous droits naturels que Brissot appelait ProprietÉ selon la nature; c'est à une possession de cette espèce, mais que je n'ai pas définie, que je concluais dans mon premier Mémoire et mes Contradictions. Cette forme de posséder est un grand pas dans la civilisation ; elle vaut mieux en pratique que le domaine absolu des Romains, reproduit dans notre propriété anarchique, laquelle s'en va mourante des atteintes du fisc et de ses propres excès. Il est certain que l'économiste ne peut exiger rien de plus : là le travailleur est récompensé, ses fruits garantis; tout ce qui lui appartient légitimement est protégé. La théorie de la possession, principe de la civilisation et de la société slaves, est le fait le plus honorable pour cette race : il rachète le retard de son développement et rend inexpiable le crime dela noblesse polonaise.

Mais est-ce là le dernier mot de la civilisation et du droit même? Je ne le pense pas; on peut concevoir quelque chose au delà; la souveraineté de l'homme n'est pas entièrement satisfaite, la liberté, la mobilité pas assez grandes.

La propriété franche ou allodiale, partageable, en- gageable, aliénable, est le domaine absolu du détenteur sur sa chose, « le droit d'user et d'abuser, » dit d'abord la loiquiritaire; « autant que le comporte la raison du droit, » ajoute plus tard la conscience collective. La propriété est romaine; je ne la trouve

[English translation]

millions peasants. That possession implies in it the various rights of use, habitation, cultivation, pasture, hunting, and fishing—all the natural rights that Brissot called property according to nature; it is to a possession of that sort, but which I had not defined, that I referred in my first Memoir and in my Contradictions. That form of possession is a great step in civilization; it is better in practice than the absolute domain of the Romans, reproduced in our anarchic property, which is killing itself with fiscal crises and its own excesses. It is certain that the economist can require nothing more: there the worker is rewarded, his fruits guaranteed; all that belongs legitimately to him is protected. The theory of possession, principle of civilization of the Slavic societies, is the most honorable of that race: it makes up for the tardiness of its development and makes inexpiable the crime of the Polish nobility.

But is that the last word of civilization, and of right as well? I do not think so; one can conceive something more; the sovereignty of man is not entirely satisfied; liberty and mobility are not great enough.

Simple or allodial property—divisible, [engageable], and alienable—is the absolute domain of the holder over something, "the right of use and of abuse," known initially as the quiritaire law; "within the limits of the law," the collective consciousness adds later. Property is Roman; I find it