Théorie de la propriété/222

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Théorie de la propriété/222/221 Théorie de la propriété/222/223

[original English]

nettement articulée qu'en Italie; et encore sa formation est lente.

La justification du domaine de propriété a fait de tout temps le désespoir des juristes, des économistes et des philosophes. Le principe de l'appropriation est que tout produit du travail appartient de plein droit à celui qui la créé, tels qu'un arc, des flèches, une charrue, un râteau, une maison. L'homme ne crée pas la matière; il la façonne seulement. Néanmoins, quoiqu'il n'ait pas créé le bois dont il a fabriqué un arc, un lit, une table, des chaises, un seau, la pratique veut que la matière suive la forme, et que la propriété du travail implique celle de la matière. On suppose que celle-ci est offerte à tous, qu'elle ne manque à personne, et que chacun peut se l'approprier.

Ce principe, que la forme emporte le fonds, s'applique-t-il à la terre défrichée? On prouve très-bien que le producteur a droit à son produit, le colon aux fruits qu'il a créés. On prouve de même qu'il a droit d'épargner sur sa consommation, de former un capital et d'en disposer à sa volonté. Mais le domaine foncier ne peut sortir de là ; c'est un fait nouveau qui excède la limite du droit du producteur ; il ne crée pas le sol, commun à tous. On prouve encore que celui qui a paré, ameubli, assaini, défriché le sol, a droit à une rémunération, à une compensation; ou démontrera que cette compensation peut consister, non dans une somme payée, mais dans le privilége d'ensemencer le sol défriché durantun temps donné. Allons jusqu'au bout: on prouvera que chaque année de culture, im

[French translation]

clearly articulated only in Italy; and still its formation is slow.

The justification of the domain of property has always been the despair of jurists, economists, and philosophers. The principle of appropriation is that every product of labor,--such as a bow, some arrows, a plow, a rake, a house,--belongs of right to whoever has created it. Man does not create matter; he only shapes it. Nevertheless, although he did not create the wood from which he fashions a bow, a bed, a table, some chairs, or a bucket, it is the practice that material follows the form, and that property in labor implies property in materials. It is supposed that this material is offered to all, that no one is excluded, and that each may appropriate it.

Does that theory, that "la forme emporte le fonds," apply to cultivated land? It is well-proven that the producer has a right to his product, the settler to the fruits that he has created. It is proven as well that one has a right to limit his consumption, accumulate a capital, and dispose of it at one's will. But [the land question cannot be answered in this manner]; it is a new fact which exceeds the limit of the right of the producer. That producer did not create the soil, common to all. It is proven that he who has readied, furnished, cleaned up and cleared the soil has a right to remuneration, to compensation; it will be demonstrated that that compensation must consist, not in a monetary sum, but in the privilege of planting the cleared soil during a given time. Let us go all the way: it will be proven that each year of culture,