Théorie de la propriété/225

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[original French]

nous ne sortons pas du possessoire, et toute noire argumentation est sophistique et de mauvaise foi. Il se pourrait que cette fiction, qui nous révolte parce que nous n'en apercevons pas le sens, fût si sublime, si splendide, si élevée en justice, qu'aucun de nos droits les plus réels, les plus positifs, les plus immédiats, les plus immanents, n'en approchât, et qu'ils ne subsistassent eux-mêmes qu'au moyen de cette clef de voûte, une vraie fiction.

Le principe de propriété, ultra-légal, extra-juridique, anti-économique, supra-humain, n'en est pas moins un produit spontané de l'Être collectif et de la société, et il nous incombe d'en chercher, sinon la justification complète, du moins l'explication.

Le droft de propriété est absolu, jus utendi et abu- tendi, droit d'user et d'abuser. Il s'oppose à un autre absolu, le gouvernement, qui commence par imposer à son antagoniste la restriction, quatenùs juris ratio patitur, « autant que le comporte la raison du droit. » De la raison du droit à la raison d'État, il n'y a qu'un pas : nous sommes en péril constant d'usurpation et de despotisme. La justification de la propriété, que nous avons vainement demandée à ses origines, prime- occupation, usucapion, conquête, appropriation par le travail, nous la trouvons dans ses fins : elle est essentiellement politique. Là où le domaine appartient à la collectivité, sénat, aristocratie, prince ou empereur, il n'y a que féodalité, vassalité, hiérarchie et subordination ; pas de liberté, par conséquent, ni d'autonomie. C'est pour rompre le faisceau de la SouverainetÉ

[English translation]

we do not depart from the realm of the possessory, and all of our argumentation is sophistic and in bad faith. It may be possible that this fiction, which appalls us because we do not see the sense of it, is so sublime, so splendid, so lofty in its justice, that none of our most real, most positive, most immanent rights approach it, and they only survive themselves by means of that keystone, a true fiction.

The principle of property--ultra-legal, extra-juridical, anti-economic, superhuman--is nonetheless a spontaneous product of the collective Being and of society, and it falls to us to search in it for, if not a complete justification, at least an explanation.

The right of property is absolute, jus utendi et abutendi, the right of use and abuse. It opposes itself to another absolute, government, which begins by imposing on its antagonist the restriction, quatenùs juris ratio patitur, "within the limits of the law." From the reason of the law to the reason of the State is only a step: we are in constant danger of usurpation and despotism. The justification of property, that we have vainly sought in its origins--first occupancy, usucapion, conquest, appropriation by labor,--we find in its aims: it is essentially political. Where domain belongs to the collectivity, senate, aristocracy, prince or emperor, there is only feudalism, vassalage, hierarchy and subordination; no liberty, consequently, nor autonomy. It is to break the bonds of collective sovereignty,