Théorie de la propriété/226

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[original French]

Collective, si exorbitant, si redoutable, qu'on a érigé contre lui le domaine de propriété, véritable insigne de la souveraineté du citoyen; que ce domaine a été attribué à l'individu, l'État ne gardant que les parties indivisibles et communes par destination : cours d'eau, lacs, étangs, routes, places publiques, friches, montagnes incultes, forêts, déserts, et tout ce qui ne peut être approprié. C'est afin d'augmenter la facilité de locomotion et de circulation qu'on a rendu la terre mobilisable, aliénable, divisible, après l'avoir rendue héréditaire. La propriété allodiale est un démembrement de la souveraineté : a ce titre elle est particulièrement odieuse au pouvoir et à la démocratie. Elle est odieuse au premier en raison de son omnipotence; elle est l'adversaire de l'autocratie, comme la liberté l'est de l'autorité; elle ne plaît point aux démocrates, tous enfiévrés d'unité, de centralisation, d'absolutisme. Le peuple est gai quand il voit faire la guerre aux propriétaires. Et pourtant l'alleu est la base de la république.

La constitution d'une république, — qu'on me permette au moins d'employer ce mot dans sa haute acception juridique, — est la condition sine quâ non du salut. Le général Lafayette dit un jour, en montrant Louis-Philippe : « Celui-ci est la meilleure des républiques; » et la royauté constitutionnelle fut définie : « Une monarchie entourée d'institutions républicaines. » Le mot république n'est donc pas par lui- même séditieux : il répond aux vues de la science autant qu'il satisfait aux aspirations.

[English translation]

so exorbitant, so formidable, that the domain of property has been raised against it, true sign of the sovereignty of the citizen; it is to break those bonds that this domain has been assigned to the individual, the State only keeping the parts deemed indivisible and common: waterways, lakes, ponds, roads, public places, waste lands, uncultivated mountains, forests, deserts, and all that which cannot be appropriated. It is in order to increase the ease of transport and circulation that the earth has been rendered mobilizable, alienable, divisible, after having rendered it hereditary. Allodial property is a division of sovereignty: on that account it is particularly odious to power and democracy. It is odious first because of its omnipotence; it is the adversay of autocracy, as liberty is the enemy of authority; it does not please the democrats, who are all on fire for unity, centralization, and absolutism. The people are cheerful when they look to make war against the proprietors. And yet allodium is the basis of the republic.

The constitution of a republic,--permit me at least to use that word in its high juridical sense,--is the sine qua non condition of safety. General Lafayette said one day, in presenting Louis-Philippe, "This is the best of republics;" and the constitutional royalty was defined: "A monarchy surrounded by republican institutions." The word republic is not then seditious by itself: it responds to the views of science as much as it satisfies desires.