Théorie de la propriété/228

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[original French]

clusions égalitaires que j'en ai déduites, reçoivent une éclatante confirmation.

Le principe de propriété est ultra-légal, extra-juridique, absolutiste, égoïste de sa nature jusqu'à l'iniquité : il faut qu'il soit ainsi.

Il a pour contre-poids la raison d'État, absolutiste, ultra-légale, illibérale et gouvernementale jusqu'à l'oppression : il faut qu'elle soit ainsi.

Voilà comment, dans les prévisions de la raison universelle, le principe d'égoïsme, usurpateur par nature et improbe, devient un instrument de justice et d'ordre, à ce point que propriété et droit sont idées inséparables et presque synonymes. La propriété est l'égoïsme idéalisé, consacré, investi d'une fonction politique et juridique.

Il faut qu'il en soit ainsi : parce que jamais le droit n'est mieux observé qu'autant qu'il trouve un défenseur dans l'égoïsme et dans la coalition des égoïsmes. Jamais la liberté ne sera défendue contre le pouvoir, si elle ne dispose d'un moyen de défense, si elle n'a sa forteresse inexpugnable.

Que le lecteur se garde de voir dans cet antagonisme, ces oppositions, ces équilibrations, un simple jeu de mon esprit. Je sais qu'une théorie simpliste, comme le communisme ou l'absolutisme de l'État, est d'une conception beaucoup plus facile que l'étude des antinomies. Mais la faute n'en est pas à moi, simple observateur et chercheur de séries. J'entends dire par certains réformateurs : Supprimons toutes ces complications d'autorité, de liberté, de possession, de con

[English translation]

egalitarian conclusions that I have deduced from them, receive a brilliant confirmation.

The principle of property is ultra-legal, extra-legal, absolutist, and egoist by nature, to the point of iniquity: it must be this way.

It has for counter-weight the reason of the State, which is absolutist, ultra-legal, illiberal, and governmental, to the point of oppression: it must be this way.

Here is how, in the projections of universal reason, the principle of egoism, usurper by nature, without integrity, becomes an instrument of justice and of order, to the point that property and right are inseparable ideas and nearly synonyms. Property is egoism idealized, consecrated, invested with a political and juridical function.

It must be this way: because right is never better observed than when it finds a defender in egoism and in the coalition of egoisms. Liberty will never be defended against power, if it does not have at its disposal a means of defense, if it does not have its impregnable fortress.

The reader must take care not to see in this antagonism, these oppositions, these equilibrations, a simple witticism, a jeu d'esprit. I know that a simplistic theory, like communism or the absolutism of the State, is easier to comprehend than the study of the antinomies. But the fault is not in me, a simple observer and seeker of series. I hear certain reformers say: Let us suppose all of the complications of authority, liberty, possession,