Théorie de la propriété/230

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Théorie de la propriété/230/229 Théorie de la propriété/230/231

[original French]

des degrés dans la sensibilité ; des degrés même dans le mot ou la conscience; comme il est impossible de dire où commence ce que nous appelons âme et où elle finit, pourquoi nous refuser à admettre que les principes sociaux, si bien liés, si bien raisonnés, où se découvrent tant de raison, de prévoyance, de sentiment, de passion, de justice, sont l'indice d'une véritable vie, d'une pensée supérieure, d'une raison autrement constituée que la nôtre?

Pourquoi, s'il en est ainsi, ne verrions-nous pas dans ces faits l'accomplissement de la création directe de la société par elle-même, résultant du simple rapprochement des éléments et du jeu des forces qui constituent la société ?

Nous avons surpris une logique à part, des maximes qui ne sont pas celles de notre raison individuelle, bien que celle-ci arrive, par l'étude de la société, à les découvrir et à se les approprier. Il y a donc une différence entre la raison individuelle et la raison collective.

Nous avons pu observer encore, grâce à la propriété et à ses accompagnements, un autre phénomène, une autre loi, celle des forces libres, allant et revenant, approximations indéfinies, latitude d'action et de réaction, élasticité de nature, diapason étendu, qui est le propre de la vie, de la liberté, de la fantaisie. Propriété et gouvernement sont deux créations spontanées d'une loi d'immanence qui se refuse à l'idée ,d'une initiation étrangère, dans l'hypothèse de laqaelle chaque groupe humain aurait eu besoin d'un initiateur.

[English translation]

degrees of sensibility; degrees of self or of consciousness; as it is impossible to say where that which we call the soul begins and where it ends, why refuse to admit to us that the social principles,--so well linked, so well thought out, and in which are found so much reason, foresight, feeling, passion, and justice,--are the sign of a true life, of a higher thought, of a reason constituted differently from our own.

Why, if it is thus, won't we see in these facts the achievement of the direct creation of society by itself, resulting from the simple connection of the elements and of the play of forces which constitute society?

We have surprised a logic apart, maxims which are not those of our individual reason, although that reason comes, by the study of society, to discover them and to make them its own. There is then a difference between individual reason and collective reason.

We have been able to observe again, thanks to property and its accompaniments, another phenomenon, another law, the one of free forces, going and returning, indefinite approximations, latitude of action and of reaction, elasticity of nature, harmony extended, which is the distinctive character of life, of liberty, and of imagination. Property and government are to spontaneous creations of a law of immanence which denies itself to the idea of an initiation étrangère, in which case each human group would need a special initiator.