Théorie de la propriété/231

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[original French]

spécial, ainsi qu'on voit un métropolitain investir un évêque, celui-ci imposer les mains au curé, qui à son tour baptise et administre les ouailles.

Ceci compris, nous remarquerons que les lois générales de l'histoire sont les mêmes que celles de l'organisation sociale. Faire l'histoire de la propriété chez un peuple, c'est dire comment il a traversé les crises de sa formation politique, comment il a produit ses pouvoirs, ses organes, équilibré ses forces, réglé ses intérêts, doté ses citoyens; comment il a vécu, comment il est mort. La propriété est le principe le plus fondamental à l'aide duquel on puisse expliquer les révolutions de l'histoire. Elle n'a pas encore existé dans les conditions où la place la théorie; aucune nation n'a jamais été à la hauteur de cette institution ; mais elle régit positivement l'histoire, quoique absente, et elle précipite les nations à la reconnaître, les punissant de la trahir.

La loi romaine ne l'a reconnue que d'une manière incomplète, unilatérale. Elle avait bien défini la souveraineté du citoyen sur la terre à lui échue ; elle n'avait nullement reconnu le rôle et défini le droit de l'État. La propriété romaine est la propriété indépendante du contrat social, absolue, sans solidarité ni réciprocité, antérieure et même supérieure au droit public, propriété égoïste, vicieuse, inique, et que condamna justement l'Eglise. La république et l'empire ont croulé l'un sur l'autre, parce que le patriciat n'a voulu la propriété que pour lui seul; que la plèbe victorieuse ensuite n'a pas su l'acquérir, la faire valoir,

[English translation]

ainsi qu'on voit un métropolitain investir un évêque, celui-ci imposer les mains au curé, qui à son tour baptise et administre les ouailles.

This understood, we will remark that the general laws of history are the same as those of social organization. To make the history of property among a people is to tell how it has gone through the crises of its political formation, how it has produced its powers and its organs, equalized its forces, regulated its interests, endowed its citizens; how it has lived, and how it has died. Property is the most fundamental principle by the aid of which one may explain the revolutions of history. It has not yet existed in the conditions where theory places it; no nation has ever been up to that institution, but it positively governs history, although absent, and it hastens the nations to recognize it, punishing the traitor.

The Roman law had recognized it only in an incomplete manner, unilaterally. It had well defined the sovereignty of the citizen on the land due to him; it had not recognized the role and defined the right of the State. Roman property is property independent of the social contract, absolute, without solidarity or reciprocity, prior to and also superior to the public right, egoist, vicious, sinful, and thus justly condemned by the Church. The Republic and the Empire have crumbled, the one atop the other, since the patriciate had only wanted property for itself alone; because the victorious plebe has not known how to acquire it, to put it to work,