Théorie de la propriété/234

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[original French]

tiennes, font table rase, avec la propriété, du droit, des libertés et de la nationalité. L'oppression féodale, au moyen âge, rejette tous les petits propriétaires d'alleu dans le fief. La propriété, éclipsée pour plus de mille ans, reparaît avec la Révolution française. Sa période ascendante s'arrête à la fin du règne de Louis-Philippe; depuis, elle est sur son déclin : indignité.

Les propriétaires indignes, c'est la niasse, surtout dans les campagnes. La Révolution, en vendant les biens d'Église et d'émigrés, a créé une nouvelle classe de propriétaires; elle a cru les intéresser à la liberté. Point du tout : elle les a intéressés à ce que les émigrés et les Bourbons ne revinssent pas, voilà tout. Pour cela, les bénéficiaires n'ont rien .imaginé de mieux que de se donner un maître, Napoléon. Et quand celui-ci, usant de clémence, autorisa les émigrés à revenir, ils lui en firent un crime : jamais ils ne les auraient trouvés assez loin.

La propriété, créée par la Révolution, ne se comprend plus elle-même comme institution politique, faisant équilibre à l'État, garantie de la liberté, de la bonne administration ; elle se considère, par effet de l'habitude, comme privilége, jouissance, aristocratie nouvelle, alliée au pouvoir par le partage des emplois, par conséquent des impôts, et intéressée de la sorte à l'exploitation des masses. Elle n'a songé qu'à sa proie. Le chaos est profond, et l'on ne saurait en accuser en particulier aucun système. C'est le législateur de 89 qui a manqué de prévoyance ; ce sont les

[English translation]

made a clean slate, along with property, of law, liberties, and nationality. Feudal oppression, in the Middle Ages, expelled all the small proprietors from allodium to fief. Property, eclipsed for more than a thousand years, reappeared with the French Revolution. Its ascendant period stopped at the end of the reign of Louis Philippe; since then, it is in decline: indignity.

The mass of the proprietors are disgraceful, especially in the countryside. The Revolution, in selling the goods of the Church and of émigrés, has created a new class of proprietors; it has believed them to be interested in liberty. Not at all: what has interested this class is that the émigrés and the Bourbons do not return, and that is all. To that end, the beneficiaries have imagined nothing better than to given themselves a master, Napoleon. And when, exercising clemency, he authorized the émigrés to return, they made it a crime: they would never have thought them far enough away.

Property, created by the Revolution, no longer thinks of itself as a political institution, counter-balancing the State, as a guarantee of liberty and good administration; it considers itself, by force of habit, as privilege, enjoyment, as a new aristocracy, allied to the poor by the division of employments, consequently of taxes, and it is interested in that way in the exploitation of the mases. It has only to think of its prey. The chaos is profound and it is not clear which particular system to accuse. The legislature of '89 lacked foresight;