Théorie de la propriété/235

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[original French]

propriétaires nouveaux, acquéreurs de biens nationaux, qui ont manqué de caractère et d'esprit public, en disant à Napoléon Ier : Règne et gouverne, pourvu que nous jouissions. Sous la Restauration, il y eut un instinct de réforme; la bourgeoisie passa dans l'opposition, où est sa place; elle fit antithèse à l'État; mais ce molif était accidentel : on voyait dans les Bourbons les princes de l'ancien régime ; on faisait la guerre pour le maintien des ventes ; et quand la Révolution de juillet eut changé la dynastie, la propriété se donna au pouvoir. Leur marché fui bientôt conclu : la bourgeoisie, par ses députés, consentait l'impôt, dont les neuf dixièmes lui revenaient par les emplois. Elle a érigé la corruption en système, et déshonoré la propriété par l'agiotage; elle a voulu joindre les bénéfices de la banque a ceux de la rente ; elle a préféré les traitements de l'État, les gains du trafic et de la bourse à la production terrienne, obtenue soit par le travail, soit par une bonne administration; elle s'est laissé surcharger d'impôts ; elle a laissé prendre la prépondérance à la manufacture et au commerce ; elle est serve des grandes compagnies.

Un point capital qu'il ne faut pas oublier, c'est que le citoyen, par le pacte fédératif qui lui confère la propriété, réunit deux attributions contradictoires: il doit suivre d'un côté la loi de son intérêt, et de l'autre il doit veiller, comme membre du corps social, à ce que sa propriété ne fasse détriment à la chose publique. En un mot, il est constitué agent de police et

[English translation]

the new proprietors, purchasers of national goods, have lacked character and public spirit, in saying to Napoleon I: Reign and govern, provided that we enjoy. Under the Restoration, there was an instinct of reform; the bourgeoisie passed into the opposition, which is its place; it made an antithesis to the State; but this was accidental: some saw in the Bourbons the princes of the ancien regime; some made war for the maintenance of sales; and when the Revolution of July had changed the dynasty, property devoted itself to power. Their deal was soon concluded: the bourgeoisie, through its deputies, consented to the tax, nine-tenths of which returned to them by employment. It had created corruption in a system, and dishonored property by agiotage; it wanted to join the benefits of the bank to those of rent; it had preferred the stipends of the state, the gains of traffic and of the stock market to production and to commerce; it is the serf of the big companies.

A key point that must not be forgotten is that the citizen, by the federative pact which confers property to him, brings together two contradictory duties: he must follow, on one side, the law of his interests, and, on the other, he must make sure that, as a member of the social body, his property is not detrimental to public affairs. In short, he is constituted police agent and