Théorie de la propriété/236

From The Libertarian Labyrinth
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[original French]

voyer sur lui-même. Cette double qualité est essentielle à la constitution de la liberté: sans elle tout édifice croule; il faut revenir au principe policier et autoritaire. Où en est la moralité publique sur ce chapitre ?

Nous avons eu une réglementation de la boulangerie. Or, elle eût été inutile si le corps social avait été organisé de manière que le commerce et la fabrication du pain, la vente des blés fussent véridiques et probes; ce qui n'a pas lieu et n'aura pas lieu tant que nos mœurs ne seront pas renouvelées. La réglementation, d'ailleurs, n'a jamais rien pu contre les eflets d'un pacte de famine, aussi réel aujourd'hui qu'avant 89. On a réglementé la boucherie, qui vend des cadavres pour viande fraîche, des chevaux pour des bœufs ; réglementé les marchés : poids et mesures, qualité et quantité. Légumes, fruits, volailles, poisson, gibier, beurre, laitage, tout est taré, surenchéri. 11 n'y a de remède que dans la répression, tant que la conscience publique n'aura pas été renouvelée, tant que, par cette régénération, le citoyen producteur et vendeur ne sera pas devenu son propre et plus sévère surveillant. Cela se peut-il, oui ou non? La propriété peut-elle devenir sainte ? La condamnation, dont l'Evangile l'a frappée, est-elle indélébile ? Dans le premier cas, nous pouvons être libres; dans le second, nous n'avons qu'à nous résigner ; nous sommes fatalement, et pour jamais, sous la double loi de l'Empire et de l'Église, et toutes nos démonstrations de libéralisme sont hypocrisie pure et surcroît de misère.

[English translation]

watcher over himself. That double quality is essential to the constitution of liberty; without it all edifices crumble; it is necessary to return to the principle of police and authority. Where is public morality in that chapter?

We have had a regulation of the baker's shop. Now, it would have been useless if the social body had been organized in such a manner that the making of bread, the sale of wheat, was made truthful and upright, which has not taken place and will not take place so long as our morals are not renewed. Anyway, regulation has never had any power against the pact of famine, as real today as before '89. We have regulated the butcher's shop, which sells cadavers for fresh meat, and dogs for beef; regulation of the markets: weights and measures, quality and quantity. Vegetables, fruits, poultry, fish, game, butter, dairy,--all is defective, all is over-priced. There is not a remedy in suppression, so long as public consciousness is not renewed, so long as, by that regeneration, the citizen producer does not become his own strict supervisor. Can he do that, yes or no? Can property become holy? Is the condemnation, which the Gospel has placed on it, indelible? In the first case, we can be free; in the second, we have resigned ourselves; we are fatally and always under the double law of the Empire and the Church, and all of our displays of liberalism are pure hypocrisy and increase of misery.