Théorie de la propriété/237

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[original French]

En fin de compte, c'est une question de savoir si la nation française est capable de fournir aujourd'hui de vrais propriétaires. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la propriété est à régénérer parmi nous. L'élément de cette régénération, c'est, avec la révolution morale dont nous venons de parler, l'équilibration.

Toute institution de propriété foncière suppose: 1° soit une distribution égale des terres entre les détenteurs; 2° soit, en faveur de ceux qui ne possèdent rien du sol, un équivalent. Mais c'est là une pure supposition : l'égalité de propriété n'est point un fait initial; elle est dans la fin de l'institution, non dans ses origines. Nous avons remarqué d'abord que la propriété, parce qu'elle est abusive, absolutiste, basée sur l'égoïsme, doit forcément tendre à se limiter, à se faire concurrence, et par conséquent équilibre. Sa tendance est à l'égalité des conditions et des fortunes. Justement parce qu'elle est absolue, elle repousse toute idée d'absorption. Pesons bien ceci.

La propriété ne se mesure pas sur le mérite, puisqu'elle n'est ni salaire, ni récompense, ni décoration, ni titre honorifique ; elle ne se mesure pas sur la puissance de l'individu, puisque le travail, la production, le crédit, l'échange ne la requièrent point. Elle est un don gratuit, accordé à l'homme, en vue de le protéger contre les atteintes du pouvoir et les incursions de ses semblables. C'est la cuirasse de sa personnalité et de l'égalité, indépendamment des différences de talent, génie, force, industrie, etc.

« Supposons, disais-je en 1840, que la tâche so

[English translation]

All things considered, it is a question of knowing if the French nation is capable today of supplying true proprietors. What is certain is that property is to be regenerated among us. The element of that regeneration is, along with the moral regeneration of which we have just spoken, equilibration.

Every institution of property supposes either: 1) an equal distribution of land between the holders; or 2) an equivalent in favor of those who possess none of the soil. But this is a pure assumption: the equality of property is not at all an initial fact; it is in the ends of the institution, not in its origins. We have remarked first of all that property, because it is abusive, absolutist, and based in egoism, must inevitably tend to restrict itself, to compete with itself, and, as a consequence, to balance. Its tendency is to equality of conditions and fortunes. Exactly because it is absolute, it dismisses any idea of absorption. Let us weigh this well.

Property is not measured by merit, as it is neither wages, nor reward, nor decoration, nor honorific title; it is not measured by the power of the individual, since labor, production, credit and exchange do not require it at all. It is a free gift, accorded to man, with a view to protecting him against the attacks of poverty and the incursions of his fellows. It is the breastplate of his personality and equality, independent of differences in talent, genius, strength, industry, etc.

"Suppose," I said in 1840, that the