Théorie de la propriété/243

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Théorie de la propriété/243/242 Théorie de la propriété/243/244

[original French]

ensemble devraient être rejetés, s'ils marchaient séparément, cette opposition est le fondement même de l'économie sociale et du droit public : sauf à nous à la gouverner et à la faire agir selon les lois de la logique.

Que faisaient les apologistes de la propriété ? Les économistes de l'école de Say et de Malthus ?

Pour eux, la propriété était un sacrement qui subsistait seul et par lui-même, antérieurement et supérieurement à la raison d'État, indépendamment de l'État, qu'ils déprimaient au delà de toute mesure.

Ils voulaient donc la propriété indépendamment du droit, comme ils veulent encore la concurrence indépendamment du droit; la liberté d'importation et d'exportation, indépendamment du droit ; la commandite industrielle, la Bourse, la Banque, le salariat, le fermage, indépendamment du droit. — C'est-à-dire que dans leurs théories de la propriété, de la concurrence, du crédit, non contents de professer une liberté illimitée, une initiative illimitée, que nous voulons aussi, ils font abstraction des intérêts de collectivité, qui sont le droit ; ne comprenant pas que l'économie politique se compose de deux parties fondamentales : la description des forces et phénomènes économiques en dehors du droit, et leur régularisation par le droit.

Qui oserait dire que l'équilibration de la propriété, comme je l'entends, est sa destruction même. Quoi donc ! N'y aura-t-il plus de propriété, parce que le fermier participera à la rente et à la plus-value ; parce

[English translation]

together, would be rejected, if they worked separately—is the very cornerstone of social econony and public right: but it falls to us to govern it and to make it act according to the laws of logic.

What would the apologists for property do? The economists of the school of Say and Malthus?

For them, property was a sacrament which remained alone and by itself, prior and superior to the reason of the State, independent of the State, which they would humble beyond all measure.

They would desire then property independent of law, as they want competition independent of law; freedom of import and export independent of law; industrial sponsorship, the Stock Exchange, the Bank, the salariat, tenant farming, independent of law.—That is, in their theories of property, of competition, of concurrence, and of credit, not content to declare an unlimited liberty, a limitless initiative, which we also desire, they disregard the interests of the collectivity, which are the law; not understanding that political economy is composed of two fundamental parts: the description of economic forces and phenomena apart from law, and their regularization by law.

They would dare to say that the equilibration of property, as I mean it, is its very destruction. So what! Will it no longer be property, since the farmer will share in the rent and the surplus value; because