Théorie de la propriété/245

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Théorie de la propriété/245/244 Théorie de la propriété/245/246

[original French]

mon pain, ni pour remplir mes devoirs civiques, ni pour ma félicité, de cette concession. Je n'ai pas besoin de la rencontrer chez les autres pour venir en aide à leur faiblesse et respecter leur droit. Je me sens assez d'énergie de conscience, de force intellectuelle pour soutenir dignement toutes mes relations; et si la majorité de mes concitoyens me ressemblait, qu'aurions-nous à faire de cette institution ? Où serait le danger de tyrannie ? où le risque de ruine par la concurrence et le libre échange ? où le péril pour le petit, le pupille et le travailleur? Où serait aussi le besoin d'orgueil, d'ambition, d'avarice, qui ne se peut satisfaire que par l'immensité de l'appropriation ?

Une petite maison tenue à loyer, un jardin en usufruit me suffisent largement : mon métier n'étant pas de cultiver le sol, la Vigne ou le pré, je n'ai que faire d'un parc, ou d'un vaste héritage. Et quand je serais laboureur et vigneron, la possession slave me suffirait : la quote-part échéant à chaque.chef de famille dans chaque commune. Je ne puis souffrir l'insolence de cet homme qui, le pied sur cette terre qu'il ne tient que par une concession gratuite, vous interdit le passage, vous défend de cueillir un bluet dans son champ ou de passer le long du sentier.

Quand je vois toutes ces clôtures, aux environs de Paris, qui enlèvent la vue de la campagne et la jouissance du sol au pauvre piéton, je sens une irritation violente. Je me demande si la propriété qui parque ainsi chacun chez soi n'est pas plutôt l'expropriation, l'expulsion de la terre. Propriété particulière ! Je

[English translation]

my bread, or to fulfill my civic duties, or for my happiness. I do not need to encounter it in others to aid them in their weakness and respect their rights. I feel enough of the energy of conscience, enough intellectual force, to sustain with dignity all of my relations; and if the majority of my fellow citizens resembled me, what would we have to do with that institution? Where would be the risk of tyranny, or the risk of ruin from competition and free exchange? Where would be the peril to the small, the orphan and the worker? Where would be the need for pride, ambition, and avarice, which can satisfy itself only by immense appropriation?

A small, rented house, a garden to use, largely suffices for me: my profession not being the cultivation of the soil, the vine, or the meadow, I have no need to make a park, or a vast inheritance. And when I would be a laborer or vintner, the Slavic possession will suffice for me: the share falling due to each head of household in each commune. I cannot abide the insolence of the man who, his feet on ground he holds only by a free cession, forbids you passage, prevents you from picking a bluet in his field or from passing along the path.

When I see all these fences around Paris, which block the view of the country and the enjoyment of the soil by the poor pedestrian, I feel a violent irritation. I ask myself whether the property which surrounds in this way each house is not instead expropriation, expulsion from the land. Private Property! I