The Circulus in Universality/01

From The Libertarian Labyrinth
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The Circulus in Universality/01/01 The Circulus in Universality/01/02

[original French]

Le Circulus dans l’Universalité
I.

Le circulus dans l’universalité, c’est la destruction de toute religion, de tout arbitraire élyséen et tartaresque, infernal et paradisiaque. Le mouvement dans l’infini c’est le progrès infini. Dès lors le monde ne peut plus être une dualité, esprit et matière, corps et âme, c’est-à-dire une chose mue et une chose immuable, ce qui implique contradiction, — le mouvement excluant l’immuabilité et l’immuabilité excluant le mouvement, — mais, bien au contraire, une unité infinie de substance toujours mue et toujours muable, ce qui implique perfectibilisation. C’est par le mouvement éternel et infini que la substance infinie et éternelle se transforme incessamment et universellement. C’est par une fermentation de tous les instants ; c’est en passant par l’étamine des métamorphoses successives, par l’émancipation progressive des espèces, du minéral au végétal, du végétal à l’animal et de l’instinct à l’intelligence ; c’est par une rotation ascendante et continue qu’elle s’élève graduellement et constamment de la presque inertie du solide à la subtile agilité du fluide, et que, de vaporisation en vaporisation, elle se rapproche sans cesse d’affinités sans cesse plus épurées et toujours en travail d’épuration dans le grand creuset de l’universel laboratoire des mondes. Le mouvement n’est donc pas en dehors de la substance ; il lui est identique ; il n’y a pas de substance sans mouvement, comme il n’y a pas de mouvement sans substance. Ce que l’on nomme matière c’est de l’esprit brut ; ce que l’on nomme esprit c’est de la matière travaillée.

Comme l’être humain, résumé de tous les êtres terrestres, essence de tous les règnes inférieurs, l’être universel, encyclopédie de tous les êtres atomiques et sidéraux, sphère infinie de toutes les sphères finies, — l’être universel, comme l’être humain, est perfectible, il n’a jamais été, il n’est, et ne sera jamais parfait. La perfectibilité est la négation de la perfection. Limiter l’infini est impossible, ce ne serait plus l’infini. Si loin que la pensée puisse percer, elle ne peut y découvrir de bornes. C’est une sphère d’extension qui défie tous les calculs, et où les générations d’univers et de multinivers sidéraux gravitent d’évolution en évolution sans jamais pouvoir atteindre au terme du voyage, aux frontières toujours plus reculées de l’inconnu. L’infinité absolue dans le temps et dans l’espace c’est l’éternel mouvement, l’éternel progrès. Une limite à cette infinité sans limites, un Dieu, un ciel quelconque, et immédiatement c’est limiter le mouvement, c’est limiter le progrès, c’est le mettre à la chaîne comme le pendule d’une horloge, c’est lui dire : "Quand tu seras au bout de ton rouleau, arrête-toi ; tu n’iras pas plus loin." C’est placer le fini à la place de l’infini. Eh ! ne s’aperçoit-on pas que la perfection est toujours relative ; que la perfection absolue c’est l’immobilité ; et que par conséquent la perfection immobilisée est quelque chose d’absurde, d’impossible ? Des cervelles d’idiots peuvent seules la rêver. Il n’y a et ne peut y avoir d’absolu que la perfectibilité dans l’infinité universelle. Plus l’être est perfectibilisé et plus il aspire à se perfectibiliser encore. La Nature, qui a mis en nous des aspirations infinies, aurait donc menti en nous promettant plus qu’elle ne peut tenir ? Où a-t-on vu qu’elle eût jamais menti ? Il faut être chrétien et civilisé, c’est-à-dire crétin et eunuque, pour se figurer comme un lieu de délices le paradis où trône le vieux Jéhova. Comprend-on rien de plus stupide et de plus ennuyeux ? Imagine-t-on ces bienheureux et ces bienheureuses, ces saints et ces saintes cloîtrées dans les nuages comme dans un couvent, et dont toute la jouissance consiste à égrener des chapelets et à ruminer, comme des brutes, des louanges au révérend père Dieu, ce supérieur immuable, ce pontife des pontifes, ce roi des rois, ayant la mère abbesse Vierge-Marie, à sa gauche, et, à sa droite, l’enfant Jésus, le fils présomptif, un grand dadais qui porte, avec des airs de séminariste, son bourrelet d’épines, et qui, — dans la représentation du mystère de la très-sacro-sainte Trinité, — remplit, avec son immaculée mère berçant sur ses genoux le paon Saint-Esprit, qui fait la roue,— le rôle de deux larrons en croix, cloués de chaque côté du plus grand des malfaiteurs, le suprême et divin créateur de toutes les oppressions et de toutes les servitudes, de tous les crimes et de toutes les abjections, le verbe et l’incarnation du mal ! Dans les couvents terrestres, du moins, hommes et femmes peuvent encore se consoler de leur imperfection, de leurs tortures mortelles en songeant à une perfection future, à une vie autre et immortelle, à des félicités célestes. Mais au ciel toute aspiration plus élevée leur est interdite : ne sont-ils pas à l’apogée de leur être ? Le très haut et tout-puissant magistrat, celui qui juge sans appel et en dernier ressort les vivants et les morts, leur a appliqué le maximum de la béatitude. Désormais ils ont endossé la casaque des élus ; ils traînent, au paradis, dans l’oisiveté-forcée, le boulet de leurs jours ; et ils y sont condamnés à perpétuité ! Il n’y a pas de recours en grâce possible ; aucun espoir de changement, aucune lueur de mouvement futur ne peut descendre jusqu’à eux : l’écoutille du progrès est à jamais scellée sur leur têtes ; et, comme le forçat à vie dans son ponton, galériens immortels, ils sont à jamais rivés à la chaîne des siècles dans l’éternel séjour divin !

Toute la distraction de ces pauvres âmes consiste à psalmodier des cantiques et à se prosterner devant le souverain maître, ce cruel vieillard qui, du temps de Moïse, portait une robe bleue et une barbe bouclée, et qui selon la mode actuelle, doit porter aujourd’hui un frac noir et un faux-col, des favoris en c[o]telettes ou une barbiche impériale, un crachat à la place du cœur, et un arc-en-ciel de satin en sautoir. L’impératrice Marie et ses dames d’honneur les saintes ont assurément des crinolines sous leurs jupons. Et bien certainement les saints, en livrées de cour, sont empesés, cravatés, pommadés et frisés ni plus ni moins que des diplomates. Leurs grandesses les bienheureuses battent sans doute du piano toute la sainte éternité, et leurs excellences les bienheureux tournent la manivelle de l’orgue-de-paradis... Comme ils doivent s’amuser ! que ce doit être réjouissant ! Vrai je ne suis pas riche, mais je donnerais bien encore quelques sous pour voir pareil spectacle, pour le voir un moment, entendons-nous, non pour y rester ; et à condition de ne payer qu’en sortant, et si j’étais content et satisfait. Mais, toute réflexion faite, j’ai de la peine à croire que l’intérieur vaille les bagatelles de la porte. N’est-il pas dit : "Heureux les pauvres d’esprit, le royaume des cieux leur appartient." Cette propriété-là ne fera jamais mes délices. A coup sûr, les saints Evangiles sont parfois d’une naïveté... plaisante : décerner ainsi des oreilles d’ânes à tous les lauréats de la foi ! Il fallait que ce fussent des pères farceurs que ces premiers pères de l’Eglise : autant valait confesser tout de suite que le paradis ne vaut pas les quatre fers d’un... chrétien. Et dire que les femmes se sont laissées prendre aux promesses de ces Lovelaces de la superstition, qu’elles ont souri à toutes ces crétines séductions, qu’elles ont fait leur amour de ce paradis anti et ultrahumain ! Et dire que les hommes y ont été pris comme les femmes, qu’ils ont cru à toutes ces ignobles, balivernes, qu’ils les ont adorées ! — Pauvre nature humaine ! —Cependant, on conviendra qu’il serait difficile de rien inventer de plus attentatoire au bonheur des humains qui n’ont pas absolument le bonheur d’être des pauvres d’esprit. En vérité, je m’estimerais plus heureux d’être un forçat au bagne qu’un élu au paradis. Au bagne encore, je vivrais par mes aspirations ; toute issue de progrès ne me serait pas complètement fermée, ma pensée comme mon bras pourraient tenter une évasion des galères. Et puis l’éternité de la vie d’un homme est moins longue que la perpétuité de la vie d’un saint. L’universel mouvement, en me transformant de vie à trépas me délivrerait enfin de mon supplice ; je renaîtrais libre. Tandis qu’avec la réclusion paradisiaque c’est l’immobilité sans fin, les genoux ployés, les mains jointes, la tête rapprochée du ventre, le front vide d’espérance, c’est-à-dire une torture inouïe, le corps et l’âme, les muscles et les fibres à la question sous l’œil inquisiteur de Dieu...

Quand je songe que, profitant de l’atonie de mes facultés par l’âge ou la maladie, un prêtre pourrait venir à l’heure de ma mort, et me donner, de gré ou de force, l’absolution de mes péchés, de mes hérésies ; qu’il pourrait me délivrer à moi, sujet suspect ou convaincu de lèse-divinité, une lettre de cachet pour le ciel, et m’envoyer croupir dans cette bastille divine sans un rayon d’espoir d’en jamais sortir, brououou !... cela me donne le frisson. Heureusement que les paradis en expectative sont comme les châteaux en Espagne : ils n’existent que dans les imaginations atteintes d’aliénation mentale ; ou comme les châteaux de cartes : le moindre souffle de raison suffit pour les renverser. Toutefois, je le déclare ici : Le jour où la mort s’appesantira sur moi, que ceux qui pourraient m’entourer alors, s’ils sont mes amis, s’ils respectent le vœu de ma raison, ne laissent pas souiller mon agonie par un prêtre et mon cadavre par l’église. Libre penseur, je veux mourir comme j’ai vécu, en rebelle. Vivant et debout, je proteste hautement et par avance contre toute profanation pareille de mes dépouilles. Parcelle de l’humanité, je veux servir encore après ma mort à l’enseignement et à la vie de l’humanité ; c’est pourquoi je lègue mon corps au praticien qui voudra en faire l’autopsie et y étudier les organes d’un homme qui fit tout ce qu’il put pour être digne de ce nom ; et que je le prie, s’il est possible, d’en enterrer les restes, comme engrais dans un champ ensemencé.

Mais revenons notre sujet, le circulus dans l’universalité. La sphéricité illimitée de l’infini et son mouvement absolu de rotation et de gravitation, —sa perfectibilité en un mot, est démontrée par tout ce qui frappe notre vue et notre entendement. Tout tourne en nous et autour de nous, mais jamais précisément dans le même cercle. Toute rotation tend à s’élever, à se rapprocher d’un idéal plus pur, utopie lointaine qui se réalisera un jour pour faire place à une autre utopie, et ainsi progressivement d’idéal en idéal et de réalisation en réalisation.

Sur la terre, tous les êtres, nos subalternes, à quelque degré qu’ils soient placés dans la hiérarchie des règnes ou des espèces, minéraux, végétaux ou animaux, tendent vers l’idéal humain. Comme les infiniment petits, les infiniment grands, notre globe et la multitude des globes qui cheminent à distance dans un même tourbillon, tendent également quelque soit leur supériorité ou leur infériorité relative, vers leur idéal lumineux, le soleil. Et tous s’en rapprochent chaque jour, quoiqu’insensiblement, l’homme comme le soleil tendent à leur tour vers des sphères plus utopiques, par une gradation ascendante et continue ; et toujours ainsi jusqu’à la fin des fins, ou plutôt sans fin ni terme. —Le minéral pivote imperceptiblement sur lui-même et attire à lui tout ce qu’il peut s’approprier des couches inférieures ; il croît et s’étend, puis il confie à des agents conducteurs des parcelles de son exhubérance et alimente la plante. —A son tour, la plante croît, se berce à la brise et s’épanouit à la lumière. Les insectes butinent sur elle ; elle leur offre son miel et ses fibres, tout ce qu’elle a ravi aux entrailles de la terre et qu’elle a fait monter au jour en le tamisant par ses tissus. Les insectes et les vers deviennent ensuite la proie des oiseaux ; la plante elle-même est pâture aux gros animaux. Déjà le minéral s’est transformé en chair et en os, la sève est devenue du sang ; l’instinct est plus prompt, le mouvement plus prononcé. La gravitation continue. L’homme s’assimile le végétal et l’animal, l’herbe et le grain, le miel et le fruit, la chair et le sang, les gaz et les sucs, les brises et les rayons. Astre terrestre, il pompe par tous ses pores les émanations de ses inférieurs ; il les élève goutte à goutte, brin à brin, à son niveau et leur redonne à triturer ce qui est encore trop grossier pour s’incarner en lui. De même aussi, il exhale par la pensée les parfums trop pure pour être retenus dans son calice, et il les éparpille sur l’humanité. L’humanité, après les avoir absorbés, s’incorpore tout ce qui peut s’identifier avec son degré de perfectibilisation, redonne à triturer aux espèces instinctives, aux couches inférieures, ce qu’il y a de par trop grossier pour elle dans ces fluides, et exhale ce qu’il y a en eux de trop subtil vers les humanités supérieures et outre-sphère.

Ainsi il en est des planètes se mouvant autour du soleil, et du soleil se mouvant à son tour avec tous ses satellites autour d’un autre centre plus élevé, astre de cet astre.

Or, si tout tourne en spirale d’abord par besoin de conservation et si, tournant sur soi-même, tout puise au dessous de soi par besoin d’alimentation et s’élève au-dessus de soi par besoin d’émanation ; si la vie est une révolution perpétuelle, un cercle toujours en mouvement et dont chaque mouvement modifie la nature ; si tout mouvement est un progrès, et si plus le mouvement de rotation et de gravitation est rapide et plus il accélère en nous le progrès ; hommes et femmes à qui l’analogie démontre toutes ces choses, pouvons-nous moins faire que de nous rendre à l’évidence ? Pouvons-nous ne pas vouloir être révolutionnaires, et, étant révolutionnaires, ne pas vouloir l’être davantage ? Pour l’être humain, vivre de la vie minérale, végétale ou animale, vivre de la vie des bornes ou des brutes, ce n’est pas vivre ; et vivre de la vie des civilisés c’est vivre de la vie des bornes et des brutes. Humains, ne nous roidissons pas contre notre destinée, livrons-nous avec passion à ses entraînements ; avançons hardiment à la découverte de l’inconnu ; tendons la main au progrès pour accomplir avec lui l’évolution humanitaire dans la grande ronde des êtres et des sociétés perfectibles ; initions nous sans crainte aux mystères de l’éternelle et universelle révolution dans l’infini. L’infini seul est grand, et la révolution n’a de maléfices que pour ceux qui veulent rester en dehors de son cercle. Vivons par le mouvement et pour le mouvement, par le progrès et pour le progrès, sans plus nous soucier si la tombe est proche et loin le berceau. Que nous importe la mort, si la mort c’est encore le mouvement, et si le mouvement c’est encore le progrès ? si cette mort n’est qu’une régénérescence, la dissolution de notre unité décrépite, organisme incapable pour lors de se mouvoir perfectiblement dans sa désagrégation continue ; et, par contre, la réagrégation de la pluralité de notre être dans des organismes plus jeunes et plus perfectibles ? Si cette mort, enfin, n’est que le passage de notre état de caducité à l’état embryonnaire, le moule, la matrice d’une vie plus mouvementée, le creuset d’une existence plus pure, une transmutation de notre cuivre en or et une transfiguration de cet or en mille médailles animées et diverses et toutes frappées à l’effigie du Progrès ? La mort n’est effrayante que pour celui-là qui s’est complu dans sa fange et s’est pétrifié dans son enveloppe de pourceau. Car, à l’heure de la décomposition de ses organes, il adhérera par sa pesanteur et son immondicité, comme il y aura adhéré pendant sa vie, à tout ce qui est fange et pierre, puanteur et torpeur. Mais l’homme qui, au lieu de faire du lard et de s’embourber à plaisir dans son ignominie, aura fondu sa graisse à produire la lumière ; l’homme qui aura agi de la voix et du bras, du cœur et de l’intelligence qui se sera vivifié par le travail et par l’amour, par le mouvement ; celui-là à l’heure où le dernier de ses jours sera consumé ; où il n’y aura plus d’huile dans la lampe ni d’élasticité dans les ressorts ; alors que la plus grande partie de sa substance, depuis longtemps volatilisée, voyagera déjà avec les fluides ; celui-là, vous dis-je, renaîtra, lui, dans des conditions d’autant plus perfectibles qu’il aura plus travaillé à sa propre perfectibilisation. Au surplus la mort n’a-t-elle pas lieu à tous les instants de la vie des êtres? Le corps de l’homme peut-il conserver un seul moment les mêmes molécules ? Tout contact ne le modifie-t-il pas sans cesse? Peut-il ne pas respirer, boire, manger, digérer, penser, sentir ? Toute modification est à la fois une mort et une vie nouvelles, plus pénibles et d’autant plus inférieures que l’alimentation et la digestion physiques et morales auront été plus paresseuses ou plus grossières ; et d’autant plus faciles, d’autant plus supérieures qu’elles auront été plus actives ou plus épurées.

[English translation]

The Circulus in Universality
I.

The circulus in universality is the destruction of every religion, of all arbitrariness, be it elysian or tartarean, heavenly or infernal. The movement in the infinite is infinite progress. This being the case, the world can no longer be a duality, mind and matter, body and soul, which is to say a mutable thing and an immutable one, which implies contradiction—movement excluding immobility and vice versa—but must be, quite to the contrary, an infinite unity of always-mutable and always-mobile substance, which implies perfectibility. It is by eternal and infinite movement that the infinite and eternal substance is constantly and universally transformed. It is by a fermentation of all instants; it is by passing through the filtering sieve of successive metamorphoses, by the progressive emancipation of species, from mineral to vegetable, from vegetable to animal and from instinct to intelligence; it is by an ascending and continuous rotation that it is raised gradually and constantly from the near inertia of the solid to the subtle agility of the fluid, and that, from vaporization to vaporization, it constantly approaches ever more pure affinities, always in a work of purification, in the great crucible of the universal laboratory of the worlds. Thus, movement is not separate from substance; it is identical to it. There is no substance without movement, as there is no movement without substance. What one calls matter is raw mind or spirit; what one calls mind or spirit is wrought matter.

As the human being, summary of all the terrestrial beings, essence of all the inferior kingdoms, so the universal being, encyclopedia of all the atomic and sidereal beings, infinite sphere of all the finite spheres—the universal being, like the human being, is perfectible. It has never been, it is not, and will never be perfect. Perfectibility is the negation of perfection. To limit the infinite is impossible, as it would no longer be infinite. As far as thought can pierce, it cannot discover its own limits. It is a sphere of extension which defies all calculations, where the generations of universes and of sidereal multiverses gravitate from evolution to evolution without ever being able to reach the end of the voyage, the ever more remote frontiers of the unknown. The absolute infinity in time and in space is eternal movement, eternal progress. Put a limit to that infinity without limits—a God, any heaven whatsoever—and immediately one limits movement, limits progress. It is like putting it on a chain like the pendulum of a clock, and to saying to it: “When you’re at the end of your swing, stop! You shall go no further.” It is placing the finite in the place of the infinite. Well! Don’t we realize that perfection is always relative, that absolute perfection is immobility, and that consequently immobilized perfection is something absurd and impossible? Only the brains of idiots could dream this up. There is and can be no absolute but perfectibility in the universal infinity. The more a being is perfected, the more it aspires to perfect itself further. Would nature, which has given us infinite aspirations, have lied to us, promising more than it could give? Where has she ever been seen to lie? One must be a Christian and a civilizee, which is to say a cretin and a eunuch, to imagine as a place of delight a paradise in which old Jehovah is enthroned. Could one imagine anything more stupid and boring? Could one imagine these blessed ones, these saints cloistered in the clouds as in a convent, whose whole pleasure consists in telling their rosaries and ruminating, like brutes, on praises to the reverend father God, that unchanging superior, that pope of popes, that king of kings, having the mother abbess Virgin Mary to his left, and to his right the child Jesus, the heir apparent, a great oaf who carries, with the air of a seminarian, his roll of thorns, and who,—in the representation of the mystery of the so-sacrosanct Trinity,—fills, with his immaculate mother cradling in her lap the peacock Holy Spirit, which spreads its tail,—the role of two thieves on the cross, nailed on each side of the greatest of criminals, the supreme and divine creator of all the oppressions and all the servitudes, of all the crimes and all the abjections, the Word and the incarnation of evil! In the earthly convents, at least, men and women can still console themselves for their imperfection, for their deadly tortures by thinking of a future perfection, of another and immortal life, of celestial bliss. But in heaven every aspiration more elevated is forbidden them: are they not at the apogee of their being? The very high and all-powerful magistrate, the one who judges without appeal and in last resort the living and the dead, has applied to them the maximum of beatitude. From now on, they have taken on the cassock of the elect; they drag, in paradise, in forced idleness, the ball and chain of their days; and they are condemned for all time! There is no appeal for mercy possible; no hope of change, no glimmer of future movement can reach down to them. The hatch of progress is forever sealed above their heads; and, like the conscript-for-life in his hulk, immortal galley slaves, they are forever fastened to the chain of the centuries in the eternal heavenly stay!

All the diversion these poor souls enjoy consists of chanting hymns and prostrating themselves before the sovereign master, that cruel old man who, in the times of Moses, wore a blue robe and curly beard, and who according to the current fashion, must wear today a black coat and a stiff collar, mutton-chop sideburns or an imperial goatee, spittle in place of the heart, and a rainbow of satin around the neck. The Empress Marie and her divine ladies-in-waiting most certainly have crinolines under their petticoats, and most certainly the saints, in the livery of court, are starched, cravated, pomaded and curled neither more nor less than the diplomats. Their blessed grandesses doubtless bang away at the piano all of the holy eternity, and their blessed excellencies turn the hand of the organ-of-paradise... What fun they must have! That must be amusing! It is true that I am not rich, but I would certainly still give some few sous to see such a spectacle—to watch for a moment, you understand, not to remain there; and only on the condition of paying on the way out, if I was pleased and satisfied. But, on reflection, I find it hard to believe that what goes on inside is worth even a trifling sum at the door. Is it not said: “Happy are the poor in spirit, the kingdom of heaven belongs to them.” That property will never delight me. Definitely, at times the holy Gospels display a naïveté that is... amusing: bestow then some donkey’s ears on all the laureates of the faith! Il fallait que ce fussent des pères farceurs que these first fathers of the Church: might as well confess right off that paradise is not worth the four fetters of a... Christian. And to admit that women have been left to take the promises of these Lovelaces of superstition, that they have smiled at all these cretinous seductions, that they have given their love for this anti- and ultra-human paradise! To admit that the men have been taken in like the women, that they have believed all these ignoble ones—nonsense, that they have worshipped them!—Poor human nature!—However, one will admit that it would be difficult to invent anything more detrimental to the happiness of humans who have not absolutely the pleasure of being poor in spirit. In truth, I would reckon myself happier to be a convict in prison than one of the chosen in paradise. In prison, I would still live by my hopes. Every outcome of progress would not be completely closed to me, and my thought, like my physical strength, could attempt an escape from the galleys. And then the eternity of the life of a man is less long than the perpetuity of the life of a saint. The universal movement, by transforming me from life to death will finally deliver me from my torture. I will be reborn free. While with the heavenly imprisonment it is immobility without end, knees bent, hands clasped, head bowed, brow void of hope, which is to say an unprecedented torture, with body and soul, muscles and fibers put to the question under the inquisitorial eye of God...

When I think that, profiting from the deterioration of my faculties, brought on by age or illness, a priest could come at the hour of my death, and give me, one way or another, the absolution of my sins, of my heresies; that he could deliver to me, a subject suspected or convicted of lèse-divinité, a lettre de cachet for heaven, and send me to rot in that divine Bastille without a ray of hope of ever leaving it, brrrrrrr!... that gives me shivers. Happily, the expected paradises are like castles in Spain: they only exist in imaginations struck by mental alienation; or, like the houses of cards, the least breath of reason is enough to knock them down. However, I declare it here: On the day when death weighs down on me, let those who can surround me then, if they are my friends, if they respect the wishes of my reason, and not allow my agony to be soiled by a priest and my cadaver sullied by the church. A free thinker, I want to die as I have lived, in rebellion. Living and upright, I protest strongly and in advance against every such profanation of my remains. A particle of humanity, I want to serve still after my death the education and the life of humanity; that is why I leave my body to the practitioner who wants to make an autopsy of it and study the organs of a man who did all that he could to be worthy of that name; and that I ask him, if it is possible, to inter the remains, as fertilizer in a sown field.

But let us return to our subject, the circulus in universality. The unlimited sphericity of the infinite and its absolute movement of rotation and gravitation,—its perfectibility, in short, is demonstrated by all that which strikes our view and our understanding. Everything turns in us and around us, but never precisely in the same circle. Every rotation tends to raise itself, to approach a purer ideal, a remote utopia which will be realized one day in order to make place for another utopia, and thus progressively from ideal to ideal and from realization to realization.

On the earth, all beings, our subalterns, at whatever degree they are placed in the hierarchy of kingdoms or of species, minerals, vegetables or animals, tend towards the human ideal. As with the infinitely small, so with the infinitely large—our globe and the multitude of globes which follow it from a distance in one single whirl, tend equally, whatever their relative superiority or inferiority, towards their luminous ideal, the sun. And all approach it each day, however insensibly: the man like the sun tends in his turn towards some more utopian spheres, by an ascending and continuous gradation; and always thus until the end of ends, or rather without end nor term.—The mineral pivots imperceptibly on itself and draws to itself all that it can appropriate of the lesser orders; it grows and extends itself, and then it entrusts to some conducting agents a few fragments of its exuberance and feeds the plant.—In its turn, the plant grows, rocking in the breeze and blossoming in the light. The insects gather pollen from it; it offers them its honey and its fibers, everything it has stolen from the bowels of the earth and that it has made to rise to the light of day through the filters of its tissues. The insects and worms then become the prey of the birds; the plant itself is feed for the large animals. Already the mineral has been transformed into flesh and bone, and the sap has become blood; instinct is more prompt, and movement more pronounced. The gravitation continues. Man assimilates the vegetable and the animal, the grass and the grain, the honey and the fruit, the flesh and the blood, the gas and the sap, the breezes and rays. Terrestrial star, he pumps through all his pores the emanations of his inferiors; he raises them drop by drop, bit by bit, to his level and returns to them to knead again that which is still too coarse for him to incarnate within himself. In just the same way, he exhales by thought the aromas too pure to be retained in his chalice, and he scatters them on humanity. Humanity, after having incorporated them, integrates everything that can identify with its degree of perfection, and returns for kneading to the instinctive species, to the inferior orders, that which is too coarse for it in these fluids, and exhales that which is too subtle towards the higher humanities of the outer spheres.

Thus it is with the planets moving around the sun, and with the sun moving in its turn with all its satellites around another more elevated center, star of that star.

Now, if everything turns first in a spiral, from its need for preservation, and if, turning on itself, everything reaches beneath itself, from its need for alimentation, and raises itself above itself, from its need for expression; if life is a perpetual revolution, a circle always in movement, each movement of which modifies its nature; if all movement is a progress, and if the more rapid the movement of rotation and gravitation is, the more it accelerates progress in us; men and women, to whom analogy demonstrates all these things, can we do less than to bow to the evidence? Can we not desire to be revolutionaries, and, being revolutionaries, not want to be more revolutionary still? For the human being, to live the life of the mineral, vegetable or animal, to live the life of stones or brutes, is not to live; and to live the life of the civilizees is to live the life of stones and brutes. Humans, let us not stiffen against our destiny, but deliver ourselves with passion to its teachings; let us advance boldly to the discovery of the unknown; reach out to progress in order to accomplish with it humanitary evolution in the great circle of perfectible beings and societies; let us initiate ourselves fearlessly into the mysteries of the eternal and universal revolution in the infinite. The infinite alone is great, and the revolution only has malice for those who would remain outside its circle. Let us live by movement for movement, by progress and for progress, regardless of whether the grave is close and the cradle far. What is death to us, if death is still movement, and if movement is still progress? If that death is only a regeneration, the dissolution of our crumbling unity, an organism incapable for the moment of moving itself perfectibly in its continuous disaggregation, and, moreover, the re-aggregation of the plurality of our being in younger and more perfectible organisms? If that death, finally, is only the passage from our state of senility to the embryonic state, the mold, the matrix of a more turbulent life, the crucible of a purer existence, a transmutation of our brass into gold and a transfiguration of that gold into a thousand coins, animated and diverse, and all stamped with the effigy of Progress? Death is only frightening for those who basks in his muck and is transfixed in his porcine husk. For, at the hour of the decomposition of his organs, it will adhere by its heaviness and vileness, as it adhered during his life, to all that which is mud and stone, stench and torpor. But the man who, instead of growing fat and sinking willingly in his ignominy, burned his fat to produce light; the man who acted with his voice and strength, with heart and intelligence which will be invigorated by labor and love, by movement—that one, at the hour when the last of his days is used up; when he has no more oil in his lamp nor elasticity in his works; when the largest part of his substance, long since volatilized, journeys already with the fluids; that one, I tell you, will be himself reborn, in conditions made more perfectible to the degree this he had labored at his own perfectibilization. Moreover, does not death have a place in all the instants of the lives of beings? Can the body of a man preserve for a single moment the same molecules? Does not every contact constantly modify it? Can it not breathe, drink, eat, digest, think, feel? Every modification is at once a new death and a new life, more painful and more inferior to the degree that the alimentation and the physical and moral digestion have been idler or more coarse; easier and superior to the degree that they have been more active or refined.


Source: Le Libertaire, Nos. 8 & 9.