Transformation du gouvernement républicain/05

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Transformation du gouvernement républicain/05/04 Transformation du gouvernement républicain/05/06

[original French]

Jadis le peuple, lassé de prier et surtout d'espérer son salut des puissances célestes, imagina le proverbe: « Aide-toi et le ciel t'aidera » ; ce qui valait beau- coup mieux pour lui que d'attendre. Le sens com- mun, toujours si pratique, fera-t-il bientôt avec le gouvernement ce qu'il a fait avec le ciel? Nous l'espé- rons. Et s'il fait bien ses affaires sans l'un, il les fera encore mieux sans l'autre.

L'idée que nous avons de la politique et de l'écono- mie sociale est encore si spontanée, la réflexion y entre pour si peu, que l'arbitraire est l'âme qui inspire tous les partis, et peu de gens sauraient en donner une dé- finition exacte. Ici, on prétend qu'il n'y a jamais assez de liberté; là, que l'autorité fait défaut partout.

Au nom des libertés qu'ils réclament, les partis mo- narchiques croient pouvoir nous imposer leur auto- rité, gouverner, discipliner la masse, ramener tout à l'ordre, et par raison d'Etat, conserver leurs privilèges. De même, au cri de cette liberté et au nom du droit humain, le parti communiste-collectiviste prétend, en s'imposant par la force et par la violence, décréter d'autorité l'expropriation générale et régenter tous les intérêts.

Entre ces deux partis, il y a la nation qui veut la République et qui ne peut se donner à l'un, ni aller à l'autre. Mais elle est divisée elle-même en plusieurs fractions : intransigeants, radicaux et opportunistes; dont ces derniers jusqu'à nouvel ordre gouvernent le pays.

Avec l'unité politique et la centralisation qui nous sont si chères, l'unité nationale est précaire 1 et au- cun progrès sérieux ne peut se réaliser. En effet, ne voyons-nous pas toujours les partis d'opposition ar-


1 Qui n'a pas entendu parler de la Ligue du Midi pour la défense nationale en 1870 « et des grondements séparatistes » ? Voir le Petit Journal du 1er février 1883, qui rapporte à ce sujet l'historique qu'en fait dans un récit posthume M. Alphonse Esquiros.

[English translation]

Once the people, weary of praying and especially of hoping for its health from celestial powers, imagined the proverb: "Heaven helps those who help themselves;" which seemed much better to them than to wait. Common sense, always so practical, will it soon do with government as it has done with heaven? We hope so. And if it has got along well without the one, it will do as well without the other.

The idea that we have of politics and social economy is still so spontaneous, the reflection that enters there still so little, that arbitrariness is the soul which inspires all the parties, and few men know how to give an exact definition of it. Here, one claims that there is never enough liberty; there that authority is lacking everywhere.

In the name of the liberties that it calls for, the monarchical parties believe they can impose their authority on us, to govern and discipline the masses, to restore all to order, and by reason of state, to preserve their privileges. Just the same, under the banner of that liberty and in the name of human right, the communist-collectivist party claims, by imposing itself by force and violence, to decree from authority the general expropriation and to regulate all interests.

Between these two parties, there is a nation which wants the Republic and which cannot give itself to one, or go to the other. But it is varied itself into various fractions: intransigents, radicals and opportunists; the last of which govern the nation until a new order is established.

With the political unity and the centralization which are so dear to us, national unity is precarious<ref>Who has not heard of the Ligue du Midi for national defense in 1870 "and of the separatist rumbles"? See the Petit Journal of February 1, 1883, which related to this subject the historique that M. Alphonse Esquiros made of it in a posthumous writing.</ref> and no serious progress can be realized. Indeed, do we not see all the parties of the opposition arrived


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