Transformation du gouvernement républicain/08

From The Libertarian Labyrinth
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Transformation du gouvernement républicain/08/07 Transformation du gouvernement républicain/08/09

[original French]

Nous croyons au progrès, mais la réflexion qui nous le ferait découvrir est offusquée par l'exorbi- tance de notre moi et de nos préjugés. La spontanéité dé notre esprit ne nous permettant pas de douter de nos idées, nous fait douter des sciences sociales que nous regardons comme des utopies. Ainsi il en était jadis pour les découvertes du génie; et le premier qui, en astronomie, affirma le mouvement de la terre, fut repoussé de l'opinion, et affligé des peines de l'in- quisition.

Nous changeons périodiquement la forme de nos gouvernements, et nous piétinons sur place. En reje- tant la science sociale, la démocratie est sans point de repère; elle n'est qu'un parti divisé et impuissant, que le peuple est en train d'abandonner ; restée auto- ritaire et gouvernementale, parodiant la monarchie, elle ne sut que jouer sur l'échiquier politique les des- tinées de la nation; n'ayant rien compris à l'esprit de la Révolution, sa carrière est finie ; elle n'est plus qu'un cadavre, dont bientôt les corbeaux et les vautours rassemblés se disputeront les lambeaux en attendant qu'ils se dévorent entre eux.

Qu'est-ce donc que l'esprit de la Révolution?

Jadis la canaille romaine demandait à ses maîtres du pain et des jeux. Le peuple français, élevé par lui- même à la dignité de citoyen, entend que son travail le fasse vivre, mais il demande la liberté pour laquelle il a versé son sang. Dans son langage simple et imagé, la liberté est aussi le moyen d'acquérir par l'éduca- tion le pain de l'esprit. Il a le sentiment du juste ; il se dit qu'il doit être plus qu'un instrument de production. Il est homme, il sait que toute richesse vient du tra- vail, et que, par une fausse répartition, ceux qui produisent peu ou point ont la plus forte part. Il pressent que la question sociale n'est plus qu'une question de juste comptabilité. Il n'y a pas de « vile

[English translation]

We believe in progress, but the reflection we would make to discover it is offended by the exorbitance of our self and our prejudices. The spontaneity of our mind does not permit us to doubt our ideas, makes us doubt social sciences that we regard as utopias. Thus it was formerly for the discoveries of genius; and the first who, in astronomy, affirmed the movement of the earth, was dismissed from opinion, and suffered the pains of the inquisition.

We periodically change the form of our government, and we shuffle in place. In rejecting social science, the democracy is without point of reference; it is only a party divided and powerless, that the people are busy abandoning; remaining authoritarian and governmental, parodying the monarchy, it would only know to stake the destinies of the nation on the political chessboard; having understood nothing of the spirit of the Revolution, its career is finished; it is nothing more than a cadaver, of which soon the crows and vultures gathered will argue over the scraps while waiting to devour it between them.

What then is the spirit of the Revolution?

Formerly the Roman rabble asked its masters for bread and circuses. The French people, raised by themselves to the dignity of citizen, understands that its labor makes it live, but it demands the liberty for which it has shed its blood. In its simple and colorful language, liberty is also the means of acquiring by education the bread of the mind. It has the sentiment of the just; it tells itself that it must be more than an instrument of production. It is man, it knows that all wealth comes from labor, and that, by a false division, those who produce little or nothing have the best part. It senses that the social question is no longer but a question of just accounting. There is no "vile