Transformation du gouvernement républicain/12

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Transformation du gouvernement républicain/12/11 Transformation du gouvernement républicain/12/13

[original French]

La vérité politique, de même que la vérité philosophique, n'est pas, comme on le croit vulgairement et comme l'enseigne le syllogisme, dans l'exclusion des contraires, mais bien dans leur pondération. Donc, unir deux propositions contraires et en tirer, non un principe qui les annule, mais une conséquence supérieure, ou, comme on dit, une synthèse, voilà la seule méthode qui peut nous aider à constituer les sciences politiques, morales et économiques, en finir avec le machiavélisme politique, dompter notre absolue logique, et nous sortir du cercle vicieux où nous tour- nons encore.

La conclusion de ce premier paragraphe est que « l'ordre politique repose fondamentalement sur deux principes: AUTORITÉ et LIBERTÉ, le premier initiateur, et le second déterminateur ; » ce qui veut dire que le premier mot appartient à l'autorité, et le dernier à la liberté. C'est le principe qui sert de base à la Fédération suisse, et qui régit la constitution des cantons.

Les penseurs, les esprits éclairés par l'expérience, ceux que n'aveugle pas l'intérêt ou le fanatisme poli- tique, reconnaissent aujourd'hui la nécessité d'opérer la décentralisation. Nous avons sous les yeux des exem- ples pratiques : les Etats-Unis d'Amérique et surtout la Suisse, où les avantages de la plus large décentra- lisation sont joints avec l'unité nationale la plus par- faite de tous les cantons.

Après ce que nous venons de dire, les partisans ex- clusifs de l'unité peuvent-ils logiquement nous crier: « Voyez-vous d'ici nos communes autonomes, mises » en dehors de toute injonction et de tout contrôle » départemental ; déterminant elles-mêmes leur quote- » part de l'impôt et le nombre d'hommes à fournir » aux contingents militaires; fermant ici les écoles et » les églises ; arborant le drapeau blanc en Bretagne, » avec tel nom dessus qu'il plaira au seigneur du lieu ; » proclamant un Napoléon V quelconque dans le Gers ;

[English translation]

Political truth, like philosophical truth, is not, as is commonly believed and as the syllogism teaches, in the exclusion of contraries, but rather in their deepening. Thus, to unite two contrary propositions and to draw from them, not a principle which annuls them, but a higher consequence, or, as we say, a synthesis, that is the sole method which can aid us in constituting the political, moral and economic sciences, by finishing with political machiavellianism, overcome our absolute logic, and escape from the vicious circle where we still turn.

The conclusion of this first section is that "the political order rests fundamentally on two principles: AUTHORITY and LIBERTY, the first instigator, and the second déterminateur;" which means that the first word pertains to authority, and the last to liberty. This is the principle which serves as the base for the Swiss Federation, and which governs the constitution of the cantons.

The thinkers, the minds enlightened by experience, those who are not blinded by interest or political fanaticism, recognize today the necessity of achieving decentralization. We have before our eyes some practical examples: the United States of America and especially Switzerland, where the advantages of the plus large decentralization are joined with the most perfect national unity of all the cantons.

After what we have just said, the exclusive partisans of unity they could logically nous crier: "You see here our autonomous communes, put outside of every injunction and all departmental control; determining themselves their quote-part of the tax and the number of men to furnish to the military contingents; closing here the schools and the churches; displaying the black flag in Brittany, with such name on it as will please the lord of the place; proclaiming some Napoleon V in the Gers;