Transformation du gouvernement républicain/16

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Transformation du gouvernement républicain/16/15 Transformation du gouvernement républicain/16/17

[original French]

Donc un gouvernement fort avec la liberté ne peut plus diriger les idées, pas plus qu'il ne peut gouver- ner les intérêts individuels qui sont ingouvernables au- trement que par la liberté. Mais ici, remarquons bien que la liberté des intérêts et la liberté du travail, est essentiellement transactionnelle et qu'elle tend néces- sairement, à l'aide de la mutualité, à constituer comme en une fédération les intérêts opposés, lesquels se pon- dèreront entre eux, sans aucune ingérence de l'auto- rité. Ces idées commencent à naître parmi nous, et déjà sur certains faits, la pratique et l'expérience nous sont acquises. Jusqu'ici, nous sommes d'accord.

C'est donc un fait acquis, hors de discussion, que dans la direction des idées, ainsi que dans celle des in- térêts individuels, les gouvernements ne comptent plus de rien. Reste donc un troisième et dernier point à éclairer : c'est celui de l'intérêt général que le gou- vernement prétend diriger. Qu'est-ce donc que l'intérêt général? C'est celui de la commune, du canton, du dé- partement et de la nation qui est composée de tous ces groupes. Mais nous verrons que cet intérêt, comme celui des particuliers, serait beaucoup mieux adminis- tré par eux-mêmes, comme cela se pratique en Suisse, que par le gouvernement, qui est à cet effet obligé de consulter leurs voeux, comme le notaire interroge son client pour rédiger sa pensée. Et ces voeux, dont les commissions et les préfets sont les rapporteurs, ne re- présentent guère qu'une face des choses. Ces enquêtes partiales et ces rapports confus, sont cependant ce qui donne au gouvernement une compétence supérieure à celle de nos députés, lesquels ne représentent que la confusion de nos idées, et qui, pour les épurer, sont toujours en pleine anarchie dans les Chambres sans ja- mais aboutir, scandalisent la nation de leurs vains et stériles débats, et la dégoûtent du parlementarisme.

Le service de l'intérêt général dont on parle tant a été complètement sacrifié par tous les gouvernements ;

[English translation]

Thus a government strong with liberty can no longer direct ideas, any more than it can govern individual interests which are ungovernable other than by liberty. But here, let us note well that the liberty of interests and liberty of labor, is essentially transactional and that it necessarily tends, with the aid of mutuality, to establish as a federation the competing interests, which will balance between them, without any interference from the authorities. These ideas are beginning to arise among us, and already on certain facts, we have acquired the practice and experience. To this point, we are in agreement.

It is therefore an established fact, beyond dispute, that in the direction of ideas, as in that of individual interests, governments no longer count for anything. There remains then a third and last point to throw light on: that of the general interest that the government claims to manage. What then is the general interest? It is the interest of the commune, of the canton, the department and the nation which is made up of all these groups. But we shall see that this interest, like individuals, would be much better administered by the individuals themselves, as is the practice in Switzerland, than by the government, which is to that effect obliged to consult their wishes, as the notary questions his client in order to draw up his thought. And these wishes, of which the commissions and the prefects are the reporters, hardly represents but one face of things. These biased investigations and confused reports, are, however, what gives to government a competence superior to that of our deputies, which only represent the confusion of our ideas, and who, in order to purify them, are always in complete anarchy in the Chambers without ever succeeding, scandalize la nation with their vain and sterile debates, and disgust it with parliamentarianism.

The service of the general interest of which one speaks so much has been completely sacrificed by all governments;