Transformation du gouvernement républicain/17

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Transformation du gouvernement républicain/17/16 Transformation du gouvernement républicain/17/18

[original French]

ils l'ont livré en pâture aux écumeurs d'affaires; en concédant des monopoles scandaleux, en aliénant le domaine public, par la création de la propriété minière, les privilèges de la Banque, de France, des voies de transports et de conventions faites avec les compagnies, et les innombrables concessions où il a été gaspillé depuis 1848 plus de douze milliards à la nation et à l'épargne nationale.

Savez-vous, monsieur Ferry, ce qui mène aujourd'hui gouvernés et gouvernants? C'est la finance, ou, comme dirait Proudhon, la haute peigre. Et maintenant le peuple dit de ceux-ci ce qu'il a toujours pensé de ceux-là: c'est que ces gens sont à la nation comme les cuisiniers sont à la cuisine, ils prennent toujours le premier bouillon.

Jadis, quand les biens et les intérêts étaient aux mains de quelques-uns, du noble, du sacerdoce et du prince, le gouvernement était nécessaire, non pour régir ses intérêts, ils se régissaient entre eux, mais pour gouverner la masse, et au nom du droit divin, la reléguer dans l'infériorité, en faisant un instrument d'exploitation aux mains de l'aristocratie, ainsi qu'en témoignent l'antiquité et le moyen-âge.

Aujourd'hui, comme demain, les intérêts nantis et satisfaits, et le pouvoir financier seront toujours l'âme qui inspirera les gouvernements ; au nom de la démo- cratie, de la Révolution et du progrès dont ils parlent sans cesse, ils ne font que remplacer par leurs usurpations l'ancienne féodalité, exerçant principalement leur puissance de préhension dans l'exploitation des services publics.

Il faut donc les en chasser, comme nous avons chassé l'autorité de la direction de nos idées et de la direction de nos intérêts particuliers, par la liberté de la presse et du travail. Il faut les expulser de leur forteresse, en démolissant les murs de cette centralisation qui, à l'aide de l'intrigues des partis, est en train

[English translation]

they have they have thrown it to the wolves, the pirates of business; by granting scandalous monopolies, by alienating the public domain, by the creation mining rights [propriété minière], the privileges of the Bank of France, transport routes and agreements made with the companies, and the innumerable concessions where there has been squandered since 1848 more than twelve billion of the nation and the national savings.

Do you know, M. Ferry, what leads both the governed and governing today? It is finance, or, as Proudhon said, the haute peigre. And now the people say of these what they have always thought of those: it is that these people are to the nation as cooks are in the kitchen, they always take the first broth.

Formerly, when the goods and interests were in the hands of few, of the noble, the priest and the prince, the government was necessary, not to govern its interests, they are governed among themselves, but to govern the masses, in the name of divine right, relegated to inferiority, by making [it] an instrument of exploitation in the hands of the aristocracy, as witnessed by the ancient and medieval times.

Today, as tomorrow, the interests well off and happy, and financial power will always be the soul that will inspire governments; in the name of democracy, of the Revolution and of progress of which they constantly speak, they only replace by their usurpations the ancient feudalism, principally exerting their gripping power in the exploitation of the public services.

Thus it is necessary to drive them away, as we have driven the authority of the direction of our ideas and of the direction of our individual interests, by the liberty of the press and of labor. It's necessary to expel them from their fortress, by demolishing the walls of that centralization which, with the aid of the intrigues of the parties, is in the process