Transformation du gouvernement républicain/23

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Transformation du gouvernement républicain/23/22 Transformation du gouvernement républicain/23/24

[original French]

Le peuple suisse répondrait par un vote unanime : Non ! non ! cela est de la pillerie, et ne passe pas chez nous. Voilà pourtant ce que l'empire a fait à la grande satisfaction de la finance, et ce qui nous vaut de payer les transports des voyageurs quatre fois plus cher qu'en Belgique : et combien d'autres choses comme cela. O ! admirable économie de l'unité politique et de la cen- tralisation chez une grande nation.

VII Le pouvoir et la finance.

Dans un pays de fédération politique, l'administra- tion de la plus grande partie des services publics, ne se séparant pas des groupes où elle doit avoir son action, est de ce fait beaucoup moins onéreuse et à l'abri du gaspillage. Dans la centralisation, au con- traire, s'agit-il de travaux d'utilité publique à exécu- ter, d'entreprise à adjuger, le pouvoir central inter- vient, accompagné d'un auxiliaire puissant: la finance. « Quand l'Etat et la finance, dit G. Duchêne, les deux plus grandes forces d'une nation, se prêtent main forte, on peut s'attendre à des prodiges ». Alors la banco- cratie prend l'initiative de toutes les entreprises d'uti- lité publique, et à l'aide du pouvoir se substitue à l'industrie privée (les petites voitures, etc., etc.). Au nom de l'intérêt public, on concède sans adjudication des monopoles scandaleux avec subvention, garanties d'intérêts et de dividende, hauts tarifs, conventions onéreuses, ce qui crée des majorats dans l'exploitation des services publics.

Dans cette transformation économique, la liberté si chère aux anciens économistes ne compte plus de rien. Le public paraît y prendre goût. Chacun attend du gouvernement, et réclame du pouvoir, des travaux, des subventions, des primes d'encouragement, des garan-

[English translation]

The Swiss people responded with a unanimous vote: No! no! cela est de la pillerie, et ne passe pas chez nous. Voilà pourtant ce que l'empire a fait à la grande satisfaction de la finance, et ce qui nous vaut de payer les transports des voyageurs four times more expensive than in Belgium: and how many other things like that. O! admirable economy of political unity and centralization in a great nation.

VII

Power and finance.

Dans un pays de fédération politique, l'administration de la plus grande partie des services publics, ne se séparant pas des groupes où elle doit avoir son action, est de ce fait beaucoup moins onéreuse et à l'abri du gaspillage. Dans la centralisation, au contraire, s'agit-il de travaux d'utilité publique à exécuter, d'entreprise à adjuger, le pouvoir central intervient, accompagné d'un auxiliaire puissant: la finance. « Quand l'Etat et la finance, dit G. Duchêne, les deux plus grandes forces d'une nation, se prêtent main forte, on peut s'attendre à des prodiges ». Alors la bancocratie prend l'initiative de toutes les entreprises d'uti- lité publique, et à l'aide du pouvoir se substitue à l'industrie privée (les petites voitures, etc., etc.). Au nom de l'intérêt public, on concède sans adjudication des monopoles scandaleux avec subvention, garanties d'intérêts et de dividende, hauts tarifs, conventions onéreuses, ce qui crée des majorats dans l'exploitation des services publics.

Dans cette transformation économique, la liberté si chère aux anciens économistes ne compte plus de rien. Le public paraît y prendre goût. Chacun attend du gouvernement, et réclame du pouvoir, des travaux, des subventions, des primes d'encouragement, des garan-