Transformation du gouvernement républicain/28

From The Libertarian Labyrinth
Jump to: navigation, search
Transformation du gouvernement républicain/28/27 Transformation du gouvernement républicain/28/29

[original French]

Jadis le noble faisait détrousser par ses gens les voyageurs sur la grande route, et leur offrait l'hospi- talité. Ainsi a fait en 1857 le législateur du suffrage universel contre l'intérêt public, mais sans compensa- tion.

Comme nous l'avons dit, les chemins de fer ont été livrés en pâture à la finance. On leur a cédé les ca- naux pour détruire la concurrence. Les prorogations à quatre-vingt-dix-neuf ans ont permis aux avisés de la spéculation et aux concessionnaires originels de ven- dre à plus de cent pour cent de prime à l'épargne française les actions des premiers réseaux, reversant ainsi sur des entreprises en rapport et des actions libé- rées près de deux milliards de capital sans construire « un mètre de plus », escomptant ainsi le bénéfice d'un siècle d'exploitation.

Si ces deux milliards, immobilisés en pure perte pour la richesse nationale (ainsi que nous venons de le voir pour les actions de la Banque), eussent été joints avec autant que nous avons perdu dans les em- prunts étrangers, ils auraient servi à commanditer des travaux nationaux. Notre batellerie et nos réseaux secondaires seraient achevés sans avoir passé sous les fourches caudines des compagnies pour les exécuter.

Le gouvernement impérial mystifié. — En 1865, la compagnie du chemin de fer du Nord désirant obtenir un avantage favorable à ses intérêts, offre en compen- sation au gouvernement de transporter la houille et le coke (au-dessous du tarif général qui est de 10 cent.) au prix de 5 à 8 cent, par tonne et par kilomètre. Cette proposition fut approuvée par le comité supé- rieur des chemins de fer; agréée par le ministre. Le conseil d'Etat, après avoir délibéré, y joignit un beau rapport approbateur ; mais arrivé au Corps législatif, on observa que depuis 1852, afin de faire concurrence

[English translation]